Un colloque sur la dimension africaine des Oulémas algériens

BISKRA – Les savants algériens et les centres de rayonnement intellectuels du Maghreb central « ont marqué l’Afrique de leur empreinte à travers l’histoire », ont indiqué dimanche les participants au 3e colloque international sur Okba Bnou Nafaa El Fihri, qui se tient depuis samedi à Biskra.

Les différents intervenants au cours de cette rencontre, tenue sous le thème « Pôles scientifiques d’Algérie et d’Afrique », ont mis l’accent sur la « dimension africaine des écoles algériennes et de leurs Oulémas ».

Les villes de Tlemcen, Tiaret, Ouargla, le Touat (Adrar) et les Ziban (Biskra), Bejaïa, Constantine, Bouna (Annaba), ainsi que Tobna (Barika, wilaya de Batna), ont été notamment citées par le Dr Nourredine Zemmam de l’université de Biskra.

L’importance intellectuelle de Tobna fut telle qu’elle devint pratiquement la capitale du Maghreb arabe au 8e siècle de l’ère chrétienne, a estimé, de son côté, le chercheur Faouzi Masmoudi, directeur du musée colonel Mohamed-Chaabani de Biskra.

Les relations soutenues entre les villes algériennes, l’Afrique subsaharienne et le Sahel sont signalées par la réputation d’un savant de l’envergure d’Abderrahmane Lakhdari, a indiqué Dr Mohamedi Lemrabet-Adjit, président de l’université islamique d’Aïoun, en Mauritanie.
L’intervenant a rappelé que cet intellectuel, originaire des Ziban, a vécu au 16ème siècle, et souligné que ses ouvrages sur les Oussoul, le Fiqh et la logique sont encore enseignés de nos jours.

La tribu Kenta dans le sud algérien a joué un rôle remarquable aux 18e et 19e siècles en jetant des ponts économiques et sociaux entre l’Algérie et les pays du sud du Sahara et du Sahel, de même que cette tribu a joué un rôle de premier plan dans le règlement des conflits qui divisaient les ethnies des pays voisins, a souligné pour sa part  Mohamed Houtia, de l’université d’Adrar.

Les participants au colloque ont également mis l’accent sur les valeurs de tolérance, de bon voisinage et d’entente, diffusés par ces savants dans leur enseignement tant en Algérie que dans les pays de l’Afrique subsaharienne et du Sahel.

Ce colloque survient cette année dans cette conjoncture géopolitique régionale particulière. Outre les problèmes sécuritaires auxquels se trouve confrontée la région du Sahel, la tension sociale qui sévit dans certaines wilayas du sud algérien, à l’instar de Ouargla et Ghardaïa, devrait valoriser toutes les activités sociales, culturelles et religieuses qui contribuent à la cohésion sociale et à la paix civile.

Ce colloque a été organisé par le Ministère des affaires religieuses. Pour plus de rayonnement et d’efficacité, ce genre de colloques devrait impliquer aussi le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et les associations qui activent dans le domaine.