L’ex-premier ministre Abdelmadjid Tebboune en résidence surveillée

L’ex-premier ministre, Abdelmadjid Tebboune ferait actuellement l’objet d’une procédure d’enquête qui lui interdit de quitter le territoire national. L’information qui est à mettre au conditionnel a été révélée par des sources proches du pouvoir et a été relayée sur les réseaux sociaux. Aucune source officielle n’est venue confirmer ou infirmer cette information. Abdelmadjid Tebboune ne serait pas le seul responsable à être concerné par cette procédure judiciaire. Son ancien ministre du commerce, Ahmed Saci et quatre autres cadres supérieurs de ce ministère feraient également l’objet de la même procédure.

Les observateurs qui ont confirmé cette information sont dans l’incapacité de préciser qui a lancé exactement cette procédure d’enquête. Il se peut que le ministre de la Justice ait agi sur injonction du premier ministre mais le frère et conseiller du président de la république, Saïd Bouteflika, est soupçonné d’être le véritable artisan de la procédure en question. Les observateurs interrogés estiment qu’il s’agit là d’un nouvel épisode dans la guerre des clans dans le cadre de l’échéance présidentielle de 2019.  Pour d’autres observateurs, cette dimension de lutte pour le pouvoir ne doit pas occulter l’essentiel, à savoir que Abdelmadjid Tebboune est en train de payer tout simplement la campagne qu’il avait lancée contre les représentants de la mafia politico-financière, ce qui explique la levée de bouclier du trio Saïd Bouteflika, Ali Haddad et Abdelmadjid Sidi Saïd contre lui. Une levée de bouclier qui a fini par avoir sa tête moins de trois mois après sa nomination au poste de premier ministre.

Pour les observateurs, il ne fait aucun doute que la destitution de Abdelmadjid Tebboune a été décidée par Saïd Bouteflika qui se cache derrière la signature de son frère malade pour usurper ses fonctions en toute illégalité. Pour rappel, Abdelmadjid Tebboune et son ministre du commerce ne sont pas seuls à être visés par l’esprit de vengeance du clan Bouteflika puisque le porte-parole du RND (le parti de l’actuel premier ministre Ahmed Ouyahia) vient d’appeler sur la chaîne privée Ennahar TV à la poursuite judiciaire de l’opposant Noureddine Boukrouh. Ce dernier a le malheur de réclamer l’application de l’article 102 de la Constitution qui prévoit la vacance du pouvoir du président de la république en cas d’incapacité pour raisons de santé.