Après Ghardaïa, Tamanrasset ?

Nous n’avons même pas eu le temps de nous réjouir du retour au calme dans la ville de Ghardaïa endeuillée par la mort de trois jeunes que nous sommes déjà obligés de nous inquiéter de ce qui va se passer dans la ville de Tamanrasset. En effet, un mystérieux mouvement nouvellement créé vient d’appeler à un sit-in pour la semaine prochaine afin de dénoncer la « marginalisation » sociale et politique des habitants de cette wilaya.

Il ne faut pas plus pour qu’un média électronique connu pour son travail de désinformation écrive:   « Les habitants de Tamanrasset ont décidé, à leur tour, de sortir de leur silence pour dénoncer les conditions précaires dans lesquelles ils vivent. Ils décident de créer un mouvement appelé « Mafrat ». Créé le dimanche 16 mars, le mouvement dénonce les conditions de vie des habitants de Tamanrasset, notamment les jeunes et la propagation du chômage et de la corruption, selon un communiqué de fondement du mouvement partagé sur les réseaux sociaux ».

On ignore combien ils sont, ces gens qui se sont autoproclamés portes-parole  « des habitants de Tamanrasset » mais on peut deviner que quel que soit leur nombre groupusculaire, ils bénéficieront à coup sûr de la couverture des médias nationaux et internationaux qui ne ratent aucune occasion pour montrer l’image d’une Algérie en proie aux tensions et à la violence.

Bien entendu, il ne s’agit pas de nier les problèmes sociaux auxquels se trouvent confrontés les jeunes de Tamanrasset comme ceux de la plupart des wilayas du pays. Les Algériens ont le droit de lutter par tous les moyens pacifiques pour arracher leurs revendications légitimes et améliorer leur situation sociale. Mais les jeunes qui activent dans le mouvement associatif doivent faire preuve de vigilance dans cette période sensible pour ne donner aucun prétexte à ceux qui veulent exploiter leurs problèmes et leurs luttes afin de porter atteinte à la paix civile et à la stabilité du pays.

Tamanrasset n’est pas qu’importe quelle wilaya en Algérie. C’est une wilaya habitée par de nombreux ressortissants venus des pays voisins du Sahel. La contrebande avec les pays voisins a constitué une des sources importantes de revenus. La surveillance étroite des frontières par l’ANP, depuis que la région a basculé dans la guerre, a limité cette contrebande et a touché de nombreux intérêts. Les détenteurs d’intérêts ne vont pas rester les bras croisés. Ils cherchent par tous les moyens à créer des troubles pour en profiter. Le gouvernement algérien porte une lourde responsabilité. Il a laissé pourrir la situation durant de nombreuses années. Maintenant que le danger est là; il est grand temps de rattraper le retard et de se pencher sérieusement sur les problèmes de la région. Des mesures économiques, sociales et sécuritaires urgentes doivent être prises et surtout leur application sur le terrain doit être scrupuleusement suivie. Il y a va de l’avenir du pays.