Attentat terroriste à l’aéroport international d’Istanbul

L’attentat terroriste spectaculaire perpétré à l’aéroport international Attatürk d’Istanbul a fait 41 tués et 239 blessées selon un premier bilan provisoire. Parmi les morts figurent 13 ressortissants étrangers dont 5 Saoudiens, 2 Irakiens, 1Tunisien et 1 Jordanien, 1 Iranien, 1 Ouzbek, 1 Chinois, 1 Ukrainien. Le premier ministre Binali Yildirim a expliqué que les assaillants étaient arrivés à l’aéroport à bord d’un taxi. Vers 22 heures, trois kamikazes ont ouvert le feu dans l’un des terminaux avec des fusils-mitrailleurs contre des passagers et des policiers en faction avant de se faire exploser. Les témoignages des personnes présentes laissent penser que deux d’entre eux se trouvaient dans le hall des arrivées et le troisième dans celui des départs. Ni leur identité ni leur nationalité n’ont été communiquées. Suspendus dans les heures qui ont suivi l’attaque, les vols ont repris vers 3 heures, mercredi), mais selon les tableaux d’affichage un tiers des vols étaient annulés et de nombreux autres retardés. Le premier ministre turc a rejeté toute mise en cause d’une défaillance en matière de sécurité dans l’aéroport Atatürk, le onzième aéroport le plus fréquenté au niveau mondial.

Si aucune revendication n’a été reçue pour l’heure, les autorités turques penchent déjà vers l’hypothèse d’un attentat perpétré par l’organisation Etat islamique (EI). « Les indices pointent Daech [acronyme arabe de l’EI] », a ainsi déclaré le premier ministre. Lors de deux attentats précédents à Istanbul, les autorités s’étaient aussi empressées d’attribuer l’attaque à cette organisation terroriste. Istanbul a déjà été ciblée trois fois cette année, et les attentats se sont récemment multipliés en Turquie, ayant fait près de deux cents morts et des centaines de blessés. Ces derniers sont liés à deux menaces distinctes : celle qui découle de la reprise du conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), autonomiste et en guerre contre Ankara depuis 1984, et celle représentée par l’EI, qui dispose d’une implantation clandestine importante sur un territoire turc longtemps utilisé comme voie de transit vers l’espace syro-irakien et comme base arrière.

L’attaque de l’aéroport d’Istanbul, par son ampleur, sa cible et son mode opératoire, se distingue toutefois de celles précédemment attribuées au groupe djihadiste. Mais elle comporte des similarités avec celle survenue le 22 mars à l’aéroport de Zaventem à Bruxelles, revendiquée par l’EI. A l’issue d’une réunion de crise, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a vivement condamné un attentat qui visait, selon lui, à « déstabiliser la Turquie en faisant couler le sang des innocents ». Il a également lancé un appel à la communauté internationale en vue de mener une lutte commune contre les organisations terroristes à travers le monde. Washington, qui a dénoncé ces attaques, a promis dans la soirée son soutien à Ankara.  Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a, lui aussi, réclamé une coopération internationale accrue pour combattre de tels actes, espérant « que les auteurs de ce crime seront identifiés et poursuivis en justice. » Le président russe Vladimir Poutine a téléphoné à son homologue turc pour lui présenter ses condoléances, ce qui confirme le réchauffement progressif des relations entre ces deux pays après une crise diplomatique de plusieurs mois (AFP)