Coopération algéro-chinoise en matière de drones

Lors du 5ème salon des drones chinois, le Directeur adjoint de l’Institut de l’UAV de l’Université NWPU a confirmé qu’une collaboration est en cours entre l’Algérie et la Chine en matière de drones. Les personnels techniques algériens ont été envoyés en Chine pour suivre une formation de 20 000h et la négociation est en cours pour que la Chine aide l’Algérie à construire un centre de conception et de développement des drones, les 2 pays vont co-développer un drone, les Chinois vont accompagner de la conception jusqu’à la mise en opération sur le sol algérien. La source chinoise n’a pas précisé de quel drone il s’agit. L’Algérie n’a pas vraiment les moyens nationaux de développer un drone MALE du type dont a besoin actuellement l’ANP pour surveiller ses frontières et frapper éventuellement des cibles terroristes mobiles mêmes si des centres de recherches civils et militaires sont actuellement de développer des drones algériens susceptibles d’être utilisés à des fins civiles pour la Sonatrach, l’agriculture, la protection civile ou la police.

Pour ce qui est des drones MALE, l’Algérie devrait recourir à la coopération scientifique et technologique d’un partenaire étranger fiable. Il est donc fort probable que la Chine ait accepté de délocaliser en Algérie la fabrication d’une version de son drone MALE, le CH4, dont les officiels chinois ont prévu l’exportation dans des formules adaptées aux clients. « Nous avons mis au point le CH4 pour des ventes à l’étranger. Selon les demandes de nos clients, la majeure partie du fuselage est fabriquée de matériaux composites. Il est léger et a besoin de moins d’entretien dans des environnements adverses » a expliqué Huang Wei, responsable du programme, au journal Global Times.

C’est à l’occasion du crash d’un drone CH4 sur la base aérienne de Ain Oussera que nous avons appris, il y a quelques mois, que l’armée de l’air algérienne était en train de tester ce drone dont il existe deux versions: une version de reconnaissance et une version armée de missiles. L’armée de l’air algérienne (AAF) ne disposait jusque-là que de drones de reconnaissance développés par la firme sud-africaine Denel Dynamics: le SEEKER I et II dont le rayon d’action ne dépasse pas 200 km.

Pour rappel, le drone américain qui équipe l’armée française, le REAPER , et qui aurait permis de découvrir les débris de l’avion d’Air Algérie qui s’est écrasé au Mali, a lui un rayon d’action de 1 500 km.  L’Algérie qui aurait cherché à acquérir ce genre de drones aux USA s’est vu refuser l’accès à cette technologie sensible que les Américains réservent seulement à leurs alliés stratégiques. Elle s’est donc logiquement tournée vers la Chine. Le drone chinois CH4 serait inspiré du PREDATOR américain. Il peut voler durant 20 heures et aurait une autonomie allant jusqu’à 4000 km, ce qui convient parfaitement aux exigences de l’armée algérienne qui a à surveiller un vaste espace aérien et plus de 6000 km.

Si cette information se confirmait, ce serait une avancée stratégique formidable pour l’armée algérienne dont la sanctuarisation du territoire national, dans une conjoncture géostratégique particulièrement instable, nécessite un système de surveillance et de riposte multiple et diversifié où les drones viendraient compléter utilement les autres moyens déployés (avions, hélicoptères, radars au sol)