Démantèlement d’un réseau d’espionnage

Les services de sécurité qui sont sur la sellette depuis la restructuration opérée au sein du DRS ne chôment visiblement pas. Ils viennent de démanteler un réseau d’espionnage qui activait dans plusieurs wilayas du pays à partir d’un centre situé à Alger. Cette opération de démantèlement fait suite à des investigations de plusieurs mois. Ce réseau d’espionnage activait à partir d’une couverture relativement intelligente puisqu’il s’agissait d’un bureau de consultance juridique situé à Alger, rue Didouche Mourad.

 C’est le mélange de plusieurs types d’activités en apparence anodines qui attira l’attention des enquêteurs des services de sécurité. Outre la photographie de sites administratifs, économiques et militaires sensibles, les jeunes recrues de ce bureau d’études étaient chargés de mener des enquêtes d’opinion sur le degré de satisfaction sociale des Algériens et leurs opinions sur le système politique algérien. En apparence, il s’agissait d’une activité que n’importe quel institut de sondage agréé pouvait effectuer mais qu’il est difficile pour un bureau de consultance juridique de justifier sous prétexte qu’il devait préparer des études de marché pour des clients étrangers.

Sans préjuger des résultats de l’enquête en cours et des suites judiciaires qui seront données par le magistrat instructeur et le tribunal compétent qui seront désignés dans cette affaire, on peut d’ores et déjà se poser la question sur le timing de cette affaire qui survient dans le contexte d’une campagne électorale sur laquelle planent des incertitudes porteuses de graves dangers pour la sécurité nationale et la paix civile.

Quelles sont les véritables intentions des « parties étrangères » qui sont derrière ce réseau d’espionnage et que l’enquête judiciaire déterminera avec plus de précision ? S’agit-il seulement de se renseigner sur le moral des populations dans un pays où elles ont des intérêts économiques importants ? Ou s’agit-il de plus que cela ? Y-a-t-il des indices sur un plan de préparation d’actes subversifs dans le cadre de l’élection présidentielle (sabotages, émeutes…) ?

Il est évident que la conjoncture se prête à toutes les manipulations. Sans tomber dans la parano, la plus grande vigilance est aujourd’hui nécessaire. Les Algériens ont raison de manifester pacifiquement pour leurs revendications sociales légitimes et pour un changement démocratique qui ne peut être que pacifique et graduel mais ils doivent se méfier comme de la peste de tous ceux qui veulent les replonger dans l’anarchie et la violence qu’ils ont déjà expérimentées durant la « décennie noire » avec les conséquences qu’on connaît.