Des systèmes S400 Triumph bientôt en Algérie ?

La dernière visite du patron de l’armée algérienne, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, à Moscou, a-t-elle été couronnée par la signature d’un contrat portant  sur le S400 Triumph, successeur du S300 PMU2 que la DAT algérienne possède déjà depuis 2010 ? Selon certaines sources russes, le S400 pourrait rejoindre les arsenaux de la DAT algérienne en Mars 2015.  L’ information  donnée par le portail gouvernemental russe pour les marchés publics ZAKUPKI ne mentionne pas directement l’acquisition  par l’Algérie du S400 mais révèle que le fabricant de camions russe Kamaz a reçu en juillet 2013 une commande pour deux véhicules de commandement Polyana D4M1.  Or, ces véhicules de commandement constituent selon les experts militaires le point nodal du système S400.

Si une telle acquisition paraît assez logique étant donné le fait que l’Algérie est le seul pays arabe et musulman à avoir acquis 2 divisions du prédécesseur du S400, à savoir le S300 PMU2, les experts ne s’attendaient pas à ce que l’Algérie puisse acquérir le S400 dans un délai aussi rapproché et donnaient au plus tôt l’échéance de 2018-2020 après que le groupe Almaz-Anteï ait fini de doter la défense aérospatiale russe de 28 systèmes ( La Russie compte actuellement cinq régiments dotés de systèmes de missiles S-400 Triumph, deux pour la région de Moscou, deux pour les flottes de la Baltique et du Pacifique et un régiment pour le district militaire du Sud) et satisfait la demande chinoise (ce pays devait être le premier pays étranger à acquérir le système S400 à partir de 2017)

« La file d’attente des pays désireux d’acquérir des systèmes S-400 s’étend jusqu’en 2020-2021 » déclarait en février 2013 le PDG de l’exportateur d’armes russe Rosoboronexport, Anatoli Issaïkine. La forte demande de ce nouveau système sur le marché mondial a poussé la Russie à lancer la construction de deux usines supplémentaires. En  avril 2013, le président Poutine déclarait: « Nous avons lancé la construction de deux nouvelles usines de production de missiles sol-air S-400. Ces missiles se vendent comme des petits pains auprès de nos clients dans le monde entier. Nous n’arrivons même pas à satisfaire cette demande ». L’augmentation des capacités de production du groupe Almaz-Anteï pourrait expliquer le fait que l’Algérie ait signé aussi tôt un contrat en vue de prétendre dès 2015 à ce nouveau système de défense aérienne.

Mais l’information reste à vérifier. Le seul élément tendant à la confirmer, à savoir l’acquisition de deux systèmes POLYANA D4M1, reste insuffisant puisque cet équipement est un système de commandement intégré de tous les missiles SAM et qu’il peut aussi bien s’appliquer aux systèmes S400 qu’aux systèmes S300, BUK et PANTSYR.

Le S400 a la capacité d’engager des cibles aériennes, avions, drones ou missiles de croisière, sur une distance allant jusqu’à 400 Km. Un régiment de S400 comporte un véhicule de commandement, huit véhicules lanceurs, avec quatre missiles par lanceur, des véhicules de rechargement et différents radars.