La mise en cause d’anciens généraux risque de ternir l’image de l’ANP

La mise en cause de cinq anciens généraux-major de l’ANP par la Justice militaire dans le cadre d’affaires de corruption et de trafic d’influence est un fait très grave qui risque de ternir l’image de l’ANP. Les médias hostiles à l’Algérie et leurs annexes vont se jeter sur cette affaire pour alimenter leur campagne de désinformation visant une institution qui a joué le rôle qu’on sait dans le sauvetage de l’Etat algérien durant la décennie noire.

Les observateurs proches de l’armée que nous avons pu interroger sont unanimes pour dire que sur cette question éminemment sensible, le commandement de l’ANP a mal communiqué. Au lendemain de la mise à la retraite des généraux-major concernés, le vice-ministre de la défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a insisté sur le fait que les changements qui avaient touché les structures de l’armée s’inscrivaient dans une logique d’alternance et de rajeunissement naturelle et compréhensible. Quelques jours plus tard, cinq anciens généraux-major parmi ceux qui ont été admis à la retraite sont frappés d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) et poursuivis pour des faits graves de corruption. Il est difficile dans ces conditions de ne pas faire un lien entre les changements effectués au sein du commandement de l’armée et les « affaires » qui sont apparues dans le sillage de l’affaire de la saisie de 700 kilos de cocaïne.

Le fait que la Justice militaire n’ait pas communiqué officiellement sur les dossiers en cours d’instruction contribue à alimenter les rumeurs et à aggraver les suspicions de l’opinion publique. Pour rappel, jusqu’à ce jour, les cinq anciens généraux-major poursuivis sont présumés innocents en attendant qu’ils soient jugés le cas échéant par un Tribunal militaire. Mais quel que soit le jugement qui sera prononcé à leur encontre, la mise en cause de cinq anciens généraux-major ne doit pas dégénérer en procès contre une institution qui continue d’être le dernier rempart de l’Algérie face aux menaces qui la guettent de plusieurs côtés. Par ailleurs, les observateurs continuent de s’interroger sur le contexte politique et les mobiles qui ont poussé le commandement de l’armée à poursuivre cinq anciens généraux-major pour enrichissement illicite alors que les nouveaux oligarques, à l’image de Haddad et Rebrab, sont en train de pavoiser après avoir fait main basse sur des secteurs entiers de l’économie nationale avec la complicité d’une bureaucratie corrompue jusqu’à l’os.