L’Algérie refuse de taxer les Frères musulmans de terroristes

Selon le journal électronique Qoraish.com basé à Londres et proche de l’opposition saoudienne, l’Algérie, par la bouche de son ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, aurait fait savoir à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, son refus la demande de ces deux pays de classer les Frères musulmans comme une « organisation terroriste ».

De manière très diplomatique, le ministre algérien qui s’est déplacé à Ryad à la mi-avril aurait fait savoir à son homologue saoudien que l’Algérie comprend les mesures par les Etats en vue d’assurer leur sécurité nationale mais préfère travailler dans le cadre du droit et en se basant sur des preuves tangibles plutôt que sur les généralisations hâtives. Le ministre algérien aurait également fait part à ses homologues arabes les enseignements de la dure expérience algérienne en matière de lutte contre le terrorisme.

En effet, tout en réprimant les activités terroristes des groupes extrémistes armés et de l’organisation civile qui leur servait de vitrine et de soutien, le gouvernement algérien s’est gardé de tomber dans le piège qui consiste à criminaliser l’ensemble de la mouvance islamiste comme le poussaient à le faire des partis pseudo-démocratiques et « laïcs » très minoritaires comme le RCD qui était un des porte-voix de ce qu’on appelait les « éradicateurs ».

Pour rappel, le projet de « réconciliation nationale » proposé par le président Bouteflika était censé matérialiser la politique algérienne qui distingue clairement entre islamisme et extrémisme violent. Dès lors qu’ils oeuvrent pacifiquement dans le cadre de la constitution et des lois de la république, les partis qui se réclament de l’islamisme activent normalement sur la scène politique nationale. Même s’ils ont rejoint récemment les rangs de l’opposition, les partis du MSP et d’Ennahda, proches des Frères musulmans, ont fait partie durant des années du gouvernement de coalition formé par le président Bouteflika.

Toujours selon Qoraish.com, les régimes saoudien et émirati ont essayé d’amadouer le gouvernement algérien par des promesses d’investissement en Algérie. Mais le gouvernement algérien est resté sur ses positions, gagnant au passage le respect des forces d’opposition des pays du Golfe.