L’ANP saisit des missiles à la frontière algéro-libyenne

Les forces spéciales de l’ANP ont saisi un quarantaine de missiles et de roquettes à la frontière algéro-libyenne dans la wilaya d’Illizi. Cette opération qui vu l’intervention d’hélicoptères de l’ANP a été effectuée sur base de renseignements disant qu’un convoi de 4X4 transportant des armes s’apprêtait à passer la frontière. L’arsenal transporté était important.  Outre ce qui a été détruit, l’ANP aurait saisi une vingtaine de Katioucha (lance-roquettes) et 17 missiles Strela.  Deux 4×4 auraient été détruits et leurs passagers tués. Un terroriste aurait été pris blessé mais vivant. Une partie du convoi aurait réussi à rebrousser chemin vers le territoire libyen. Ce n’est pas la première fois que l’ANP saisit des missiles Strela en provenance de la Libye.

Pour rappel, les missiles Strela de fabrication russe sont des missiles sol-air portatifs guidés par infrarouge et dotés d’une charge explosive à fragmentation de 1,15 kg très puissante. La portée du Strela varie suivant les versions de 3,5 à 4,2 km ce qui met les hélicoptères à leur portée, permettant aux groupes terroristes de constituer une menace inédite. Les informations en notre possession ne permettent pas de savoir avec  certitude si les convois détruits par l’ANP devaient se diriger vers le Mali via le territoire algérien ou s’ils étaient destinés à des groupes terroristes opérant sur le sol algérien.

Selon le quotidien Echorouk, les missiles étaient destinés au « Mouvement des enfants du sud pour la Justice » mais cette information reste sujette à caution. Rappelons que ce mouvement créé dans les années 2000 par des militants du sud contre les discriminations dont ils s’estiment victimes a malheureusement par la suite dégénéré vers des positions extrémistes et certains de ses militants se seraient rapprochés d’AQMI. Un ex-dirigeant de ce mouvement a été abattu par l’ANP lors de l’attaque du site gazier de Tiguentourine.

 Cette opération  importante vient confirmer les inquiétudes de l’Algérie quant à la sécurité d ses frontières avec la Libye depuis que l’anarchie  sévit dans ce pays suite à la chute du régime de Kadhafi, anarchie qui se manifeste notamment par l’incapacité de l’Etat libyen à contrôler et désarmer les dizaines de milliers de miliciens. Ces derniers, qui roulent librement avec des armes de guerre, constituent ainsi une menace pour tous les pays de la région puisque les groupes terroristes et criminels ne trouvent aucun mal à s’approvisionner en armes dans ce pays.