Le parlement israélien facilite la procédure d’entrée en guerre

JERUSALEM, ISRAEL - NOVEMBER 18: French President Francois Hollande delivers a speech in the Knesset, the Israeli Parliament on November 18, 2013 in Jerusalem, Israel. President of France Francois Hollande is on a three day official visit to Israel and the West Bank. (Photo by Debbie Hill-Pool/Getty Images)

Le Parlement israélien a voté lundi en faveur d’une loi permettant au Premier ministre et au ministre de la Défense de décider d’entrer en guerre sans réunir le gouvernement, a annoncé mardi le service de presse de la Knesset.  Cette loi, votée à 62 voix contre 41, donne la responsabilité au cabinet restreint de sécurité de décider d’une opération militaire ou d’une guerre sans se concerter avec le reste du gouvernement. Mais un paragraphe précise qu’en cas de «conditions extrêmes», le Premier ministre et son ministre de la Défense, seuls, pourront décider d’une telle opération.

Le projet de loi initié par la ministre de la Justice Ayelet Shaked est un amendement d’une loi fondamentale qui, auparavant, donnait uniquement au gouvernement la possibilité de décider de lancer une opération militaire en présence de la majorité des ministres. Onze ministres sont membres du cabinet restreint de sécurité actuel sur les 22 ministres qui composent le gouvernement Netanyahu. Selon l’AFP, Mme Shaked a justifié cet amendement en expliquant devant le Parlement que « dans la situation sécuritaire actuelle, il faut pouvoir rendre plus efficace le travail du gouvernement et du cabinet ».

Cette loi est votée dans un contexte de tensions avec les Palestiniens alors que, depuis le 30 mars, des manifestations dans la bande de Gaza, le long de la frontière avec l’Etat d’Israël, ont donné lieu à des affrontements avec les forces israéliennes dans lesquels 45 Palestiniens ont été tués. Les médias israéliens ont laissé entendre que des voix au sein du gouvernement israélien seraient favorables à une action militaire préventive contre les « marches pour le retour » qui risquent de rassembler des milliers de Palestiniens à l’approche de la date du 15 mai commémorant le 70eme anniversaire de la Nakba. Par ailleurs, cette loi vient d’être votée au lendemain des frappes israéliennes contre des positions iraniennes en Syrie et après que le ministre israélien de la défense ait menacé la semaine dernière l’Iran d’une guerre si jamais Téhéran réagissait militairement contre Israël.