Le président Tebboune effectue un remaniement ministériel partiel

Le remaniement ministériel qui était attendu et qui a été retardé à cause du confinement imposé par la pandémie du coronavirus a finalement eu lieu. Le président de la république vient d’effectuer un remaniement ministériel partiel qui a touché plusieurs ministères importants dans le but d’impulser un nouveau souffle à la dynamique de développement en vue de satisfaire les aspirations de la population dans un contexte social où les problèmes quotidiens des citoyens risquent d’être instrumentalisés par des forces hostiles pour compromettre la paix civile en Algérie.

La première remarque concernant ce remaniement est que les rumeurs qui ont été savamment diffusées par certains sites spécialisés dans la désinformation n’ont pas été confirmées. Les trois ministres visés par la campagne de désinformation et de déstabilisation, à savoir le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, le ministre du commerce, Kamel Rezig et le ministre de l’énergie, Mohamed Arkab ont été reconduits, les deux premiers à leur poste tandis que le troisième a été chargé du nouveau ministère des mines. Le premier ministre, Abdelaziz Djerrad, qui a été également l’objet d’une campagne de dénigrement qui l’accusait de couvrir la direction générale de Sonatrach pour des motifs régionalistes, a également été reconduit. La seconde remarque est que le remaniement ministériel en question semble avoir été motivé par des considérations d’efficacité même si l’équilibre politique et régional a été comme d’habitude respecté. Les ministères des finances, de l’énergie et de l’agriculture ont changé de titulaires et on attend des nouveaux ministres une plus grande efficacité dans leurs domaines respectifs.

Le nouveau ministre de l’énergie, Abdelmadjd Attar est un ancien PDG de Sonatrach et un expert énergétique reconnu. Son arrivée à la tête de ce ministère à la place de Mohamed Arkab qui venait, lui, de Sonelgaz, a été saluée par les experts économiques comme un évènement positif. La création de deux nouveaux ministères pour les mines et pour la transition énergétique et les énergies renouvelables a également été saluée. Le développement des énergies renouvelables avait besoin d’un ministère qui lui soit dédié pour centraliser toutes les compétences et le suivi de l’application des décisions prises dans ce secteur prometteur. Le fait que ce ministère ait été confié au professeur Chems Eddine Chitour est un plus qui a été salué comme il se doit par les observateurs. Idem pour le secteur des mines, principalement les phosphates et le minerai de fer, dont on attend dans les prochaines années une contribution particulière au développement d’une nouvelle chaîne industrielle créatrice de valeur et d’emplois dans les secteurs sidérurgique et chimique. La nomination du professeur Abdelbaki Benziane à la tête du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique constitue également un plus dans la mesure où le nouveau titulaire bénéficie d’une expérience de gestion que son prédécesseur n’avait pas malgré ses qualités intellectuelles indiscutables. Le professeur Benziane a dirigé durant de nombreuses années l’Ecole nationale polytechnique d’Oran avant d’occuper le poste de recteur de l’université d’Oran. L’ancien secrétaire d’Etat à l’industrie pharmaceutique a été promu au rang de ministre à part entière, ce qui dénote une volonté de faire de ce secteur un des leviers de l’industrie nationale aussi bien pour couvrir les besoins internes que pour l’exportation.

Mustapha Senhadji