L’EI revendique un Attentat terroriste contre une église en France

Cinq personnes ont été prises en otage mardi matin, peu avant 10 heures, dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen en Normandie (France). Un prêtre âgé de 84 ans a été tué à l’arme blanche, une autre personne est « entre la vie et la mort » . Les deux assaillants ont été tués par la brigade de recherche et d’intervention. La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête. Le président François Hollande s’est rendu sur place. Dans l’après-midi, l’organisation terroriste Etat islamique (EI) a revendiqué cette action. Selon des médias français, un des deux auteurs aurait été identifié. Il s’agirait de Adel K., né le 25 mars 1997 qui avait tenté à deux reprises de se rendre en Syrie, en 2015. II était depuis le 18 mars, sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence sous surveillance électronique.

Suite aux premières informations relatives à l’exécution des assaillants par les forces d’intervention spéciale de la police française, le quotidien français Le Monde s’est fait l’écho d’interrogations de citoyens : « Comment se fait-il que des assaillants munis d’arme blanche ne puissent pas être maîtrisés plutôt que « neutralisés » afin de récupérer le maximum d’informations possibles a posteriori ? » Le quotidien a essayé d’y répondre « Nous n’avons pas tous les détails de l’intervention, mais les forces de sécurité semblaient craindre que les auteurs de la prise d’otages disposent d’explosifs. Cela pourrait expliquer leur décision de tuer les assaillants »

Le président français François Hollande réunira demain (mercredi) un conseil de sécurité et de défense après ce nouvel attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique sur le territoire français. L’entourage du président a précisé qu’il recevrait auparavant les représentants des différents cultes et qu’il présiderait un conseil des ministres largement consacré à ce drame. Auparavant, il avait réagi suite à cet attentat : « Nous sommes face à une épreuve, une de plus, parce que la menace est très élevée, reste très élevée après ce que nous avons vécu ces derniers jours et ces dernières années. Nous sommes face à un groupe, Daech, qui nous a déclaré la guerre. Nous devons mener cette guerre par tous les moyens dans le respect du droit, ce qui fait que nous sommes une démocratie. Ce que veulent faire ces terroristes, c’est nous diviser. Aujourd’hui, après la mort de ce prêtre, j’ai pour tous les catholiques de France une pensée, je veux leur exprimer un soutien. Ce soir, je recevrai l’évêque de Normandie, demain je recevrai tous les cultes, car nous devons être ensemble. Ce sont les catholiques qui ont été frappés, tous les catholiques, mais ce sont tous les Français qui se sentent concernés. C’est pourquoi nous devons être dans une cohésion, dans un ensemble dans un bloc, que personne ne doit pouvoir fissurer. »

De son côté, le chef de file de l’opposition de droite, Nicolas Sarkozy n’a pas raté cette occasion pour appeler comme d’habitude à la « guerre » : « Notre ennemi n’a pas de tabou, pas de limites, pas de morale, pas de frontières. Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles. Je demande au gouvernement de mettre en oeuvre toutes les propositions que nous avons présentées depuis des mois sans délai. Nous ne pouvons plus perdre de temps. C’est la guerre, il n’y a pas d’autre choix que de la mener et de la gagner. »  Selon les observateurs, la multiplication des discours bellicistes et des amalgames au sein de la classe politique française, toutes tendances confondues, ne contribue malheureusement pas à l’objectif que les dirigeants français disent rechercher, à savoir la cohésion nationale par-delà les différences ethniques et religieuses.