Les Britanniques votent pour la sortie de l’union européenne

C’est un véritable tsunami politique en Europe. Les Britanniques ont voté contre le maintien de leur pays au sein de l’Union européenne ce vendredi 24 juin. Le camp du « Leave », favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’a emporté avec 51,9 % des voix, contre 48,1 % pour le « Remain », camp pro-européen. Il reste maintenant aux Britanniques et aux Européens à organiser leur divorce. L’article 50 du traité de Lisbonne stipule que « tout Etat membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union ». Jamais, jusqu’à présent aucun pays n’en a fait usage. Le Parlement européen se réunira mardi 28 juin en session plénière extraordinaire « afin de définir les prochaines étapes nécessaires » dans la procédure de divorce, a annoncé son président Martin Schulz, après une réunion des présidents des principaux groupes politiques, vendredi matin à Bruxelles. Le Parlement européen, l’un des deux législateurs de l’UE, devra approuver l’accord de retrait conclu entre l’UE et le Royaume-Uni.

Vendredi matin, le premier ministre britannique, David Cameron a fait part de son intention de démissionner et de laisser à son successeur l’ouverture des négociations pour le départ du Royaume-Uni, probablement en octobre. Mais il est probable que les Européens demandent que la procédure soit activée le plus tôt possible pour dépasser l’incertitude actuelle. Pour le Royaume-Uni, la sortie de l’Union européenne aura des conséquences importantes. Concrètement, des milliers de législations communes devront être détricotées. Le Royaume-Uni devra annuler les règlements de l’UE, d’application immédiate dans les pays membres, et les remplacer par d’autres textes, nationaux, pour éviter un vide juridique. La Grande-Bretagne devra aussi se doter d’agences de régulation nationales puisqu’elle ne sera plus soumise aux décisions de la trentaine d’agences exécutives agissant au nom de la Commission.

Après le divorce, l’urgence, pour le Royaume-Uni, considéré désormais comme un « pays tiers » n’ayant plus accès au marché intérieur, sera de nouer une nouvelle relation avec l’Union. Les entreprises britanniques perdront leur accès privilégié au marché intérieur européen et devront payer l’intégralité des droits de douane. Londres devra choisir entre un simple accord de libre-échange ou un accord d’association, mixte, avec un volet commercial et de coopération politique, sur le modèle de ceux signés avec la Suisse ou la Norvège. Mais les observateurs redoutent surtout un effet domino, d’autres pays membres de l’Union européenne pourraient être tentés de suivre l’exemple britannique si l’Union européenne ne consent pas à des réformes profondes en vue de rassurer les peuples européens.

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