Les enseignants contractuels et vacataires marchent sur Alger

Au huitième jour de leur marche, les enseignants contractuels et vacataires arrivent aux portes de la capitale.  La mobilisation des participants à « la marche de la dignité » se renforce de plus en plus, selon les correspondants de presse qui ont suivi la marche depuis son entame le 27 mars dernier. Selon les initiateurs de cette action, 3.000 enseignants contractuels ont répondu présents. Le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA), Idir Achour » a indiqué que cette large mobilisation témoigne du marasme dans lequel se débat les enseignants contractuels et vacataires, qui veulent à tout prix exiger leur intégration sans conditions ». Selon le syndicaliste, les marcheurs ne renonceront pas à leur action, jusqu’à obtenir gain de cause.

Après 7 jours de marche vers Alger, plusieurs incidents sont à signaler. Outre des cas d’évanouissement ayant touché notamment des femmes enceintes, on constate des engelures aux pieds et un accident de la circulation d’un marcheur renversé par un camion. Les manifestants, qui ont été touchés par le « soutien populaire indéfectible » le long de leur parcours. L’arrogance de la tutelle n’a pas démoralisé les marcheurs. Pour eux, ils ont assez prouvé que leur mouvement était pacifiste depuis le lancement de l’initiative à Bejaïa et qu’il n’y avait aucune raison de les bloquer ou de les empêcher de manifester à Alger. Cela étant dit, ils menacent de transformer leur mouvement en grève de la faim si jamais les autorités décident d’entraver leur marche. Contrastant avec l’intransigeance de l’équipe de Benghebrit, le Premier ministre aurait instruit la ministre de l’Éducation et la direction de la fonction publique pour trouver une solution aux problèmes des enseignants contractuels.

L’annonce de la ministre de l’Éducation, affirmant que « le recrutement direct des contractuels est impossible et que le concours était obligatoire » même si elle estime que « la proposition portant valorisation de l’expérience professionnelle des enseignants contractuels était acceptable sur le principe », a déçu les « marcheurs de la dignité » qui réclament une meilleure compréhension de la première responsable de leur secteur. « La valorisation de l’expérience professionnelle des enseignants contractuels dans le concours de recrutement de 28.000 enseignants n’est pas notre revendication », affirme le porte-parole du CLA qui soutient que « les responsables de l’éducation nationale veulent fabriquer une revendication qui n’est pas la leur », a déploré notre interlocuteur. A noter que les enseignants contractuels et vacataires ont arraché le soutien du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest-élargi). Ce dernier n’a pas hésité à lancer un appel à sa tutelle pour le recrutement direct de cette catégorie d’enseignants qui ont déjà à leur actif un certain nombre d’années d’expérience professionnelle.