Libye : Haftar annonce un cessez-le-feu

A la surprise générale et au moment où ne s’y attendait pas, le porte-parole des forces armées de Khalifa Haftar vient d’annoncer un cessez-le-feu qui entrera en vigueur dès ce dimanche 12 janvier. Bien-sûr l’annonce du cessez-le-feu concerne l’ouest du pays où est située la capitale Tripoli et est conditionnée par son respect par l’autre partie mais c’est déjà un évènement qui ne manquera pas d’être salué par la communauté internationale.

Pour rappel, il y a deux jours, les présidents Poutine et Erdogan ont lancé un appel conjoint pour un cessez-le-feu immédiat, mais l’appel a été refusé par Haftar. Qu’est-ce qui a pu se passer entre temps pour que Haftar accepte finalement un cessez-le-feu ? Sans doute les pressions russes ont du jouer un rôle majeur. Mais les observateurs ne négligent pas d’autres facteurs comme par exemple le récent rapprochement entre l’Algérie et l’Egypte sur le dossier libyen alors que ces deux pays semblaient auparavant plutôt éloignés : l’Egypte faisait partie de la coalition qui soutenait les forces de Haftar alors que l’Algérie soutient le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

En tout état de cause, les observateurs reconnaissent que l’Algérie a joué ces derniers jours un grand rôle sur le front diplomatique en vue de faire baisser la tension et imposer un cessez-le-feu. Alger aura été en l’espace de quelques jours une capitale régionale puisque nous avons assisté à un véritable ballet diplomatique autour de la question libyenne. Après le président du gouvernement libyen, Fayez Al Siraj, l’Algérie a reçu les patrons de la diplomatie turque, italienne et égyptienne et n’a pas hésité à lancer un message ferme en direction de Haftar en condamnant vigoureusement l’attaque contre l’école militaire de Tripoli et en déclarant que la capitale libyenne était une ligne rouge. Les observateurs qui insistent sur le rôle de l’Algérie rappellent notamment le fait que l’annonce du cessez-le-feu par le porte-parole de Haftar a été précédée, quelques heures plus tôt, d’une rencontre à Alger entre des émissaires de Haftar et le chef de la diplomatie algérienne.

A. Hachimi