Quel intérêt a l’Algérie à adhérer à l’OMC ?

Par Nabil de S’biha

 S’il y a une chose sûre et évidente pour nos politiques en ce moment c’est bien l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Selon cette nouvelle « sagesse conventionnelle », l’adhésion doit se faire coûte que coûte, afin de mettre l’Algérie sur les rails du développement économique ! Étroitesse de vue ou d’esprit ? En tout cas, c’est une évidence pour certains et une condition sine qua non pour d’autres.

« …parce que le terme capitalisme évoque une histoire parfois déplaisante, ce mot est de moins en moins usité. Pour les économistes, les porte-parole des entreprises, les orateurs politiques prudents et certains journalistes, l’expression polie est aujourd’hui économie de marché. » John K. Galbraith, « Les mensonges de l’économie ».

À cet effet nous allons essayer de mettre au clair certains aspects de ce processus d’adhésion à l’OMC et démontrer l’absurdité des confirmations selon lesquelles l’Algérie doit entrer à cette Organisation Internationale pour développer mieux son économie.

PREMIERE PARTIE

Pour commencer notre analyse, nous allons exposer aux lecteurs un bref historique des négociations de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. En fait, la première demande formulée par l’Algérie datte de Juin 1987 dans le cadre des négociations pour l’adhésion au GATT, transféré par la suite à l’OMC. Le premier aide-mémoire a été proposé au groupe du travail en juillet 1996. A cette époque, suite à la crise de la dette extérieure, l’Algérie était sous les Plans d’Ajustements Structurels (PAS) qu’avaient imposés le FMI et la Banque Mondiale et le passe du GATT à l’OMC a induit de nouvelles mesures plus importantes et plus  complexes par rapport à celles de 1987. Au final, la demande d’adhésion n’avait pas trouvée un écho favorable.

Lors de la première disposition de mémorandum d’association de 1996, l’Algérie s’est engagée essentiellement à : 1) la diversification des échanges ; 2) le relèvement du niveau général de compétitivité du secteur des fabrications industrielles ; 3) la maîtrise et le contrôle des importations de produits agro-alimentaires. Cependant, l’activité économique  et le commerce extérieur de l’Algérie n’avaient pas trop changé. L’économie algérienne est restée très dépendante du secteur des hydrocarbures sans une diversification du tissu économique.

En 2002, l’Algérie dispose un deuxième mémorandum d’association avec un petit avantage liée à sa balance des paiements qui commence à changer grâce à la manne du pétrole induite par la hausse de ce dernier sur le marché mondial. L’Algérie avait signé aussi un accord d’association avec l’UE, qui reste son premier partenaire économique, plus 55% des importations et 55% des exportations en 2012 (selon l’OMC).

Pour répondre aux exigences des membres de l’OMC, l’Algérie a entamé une procédure de déréglementation et de privatisation, notamment dans le secteur des télécommunications et des énergies. La plus importante a été le projet de loi que voulait faire passer l’ex-ministre des Mines Energies, Mr Chakib Khelil. Donnant la priorité à la valorisation des hydrocarbures par l’attrait des firmes les plus compétitives, il ôte de fait à la Sonatrach tous ses privilèges sur le marché domestique et l’expose à la concurrence directe des compagnies étrangères. Le projet n’a pas été approuvé et cela n’a pas plu aux partenaires étrangers, notamment les USA qui misaient grand sur cette déréglementation du marché des énergies en Algérie pour entrer en force.

En conséquence, l’Algérie n’a pas pu adhérer à cette Organisation et les négociations de 2008 n’ont pas apporté grand-chose surtout qu’elles étaient dans une période troublée par la crise financière qui frappait les pays « développés ». Le dernier round des négociations date d’avril 2013. A cette occasion, l’Algérie a pu signer  et finaliser des accords bilatéraux avec des membres de l’OMC. Par ailleurs, dans un récent communiqué, le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a annoncé que le 12e round des négociations sur l’adhésion de l’Algérie à l’OMC se tiendra avant la fin du premier trimestre 2014.

Passons maintenant à l’analyse de ces négociations. Pour y procéder nous allons juste regarder ce que l’Algérie peut gagner et perdre avec cette adhésion, tellement essentielle aux yeux de nos politiques et économistes professionnels.

 Le Libre-échange est-il essentiel pour développer l’économie Algérienne ?

Ce postulat est erroné et faux ! Il est basé uniquement sur une idéologie, à savoir le capitalisme dont le  marché libre et concurrentiel est plus efficace pour toute économie. Le libre-échange est considéré comme une vertu dans le débat public. Remettre en cause ce principe est un travail très épuisant et demande beaucoup d’effort car ses défenseurs sont de purs prosélytes avant d’être des scientifiques qui acceptent les arguments de l’autre. Cependant, leur argument essentiel est de taxer le contradicteur de « nationaliste » et/ou de « réactionnaire »…

 Au fait, les défenseurs de cet argument se réfèrent souvent à Adam Smith, sans connaitre bien sûr son oeuvre, lorsqu’il parlait de la division du travail et son efficacité par rapport à l’étendu du marché[1].  Cela est vrai mais dans certains domaines qui ont, en l’occurrence, besoin de marchés mondiaux étendus pour bien fonctionner comme le cas des télécommunications et des technologies de pointe.  Mais l’Algérie est loin d’être un pays exportateur, elle reste un net importateur. Elle a besoin d’un transfert de technologie pour entamer une production industrielle nationale, qui nécessitera dans les premiers temps une forme de protectionnisme, que nous qualifierons de nécessaire et d’intelligent. D’ailleurs même Adam Smith défend l’idée selon laquelle : « En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, [l’individu] ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté »[2]. Donc défendre l’industrie nationale pour une période est une condition pour assurer son développement à l’avenir, principe de sûreté.

 Mais c’est David Ricardo qui est derrière le succès de la théorie de libre-échange comme moyen de maximisation de la production grâce aux avantages comparatifs. Cela veut dire simplement qu’un pays gagne en efficacité et en profit s’il produit un bien qui lui coûte moins cher par rapport à son partenaire direct. Cela va de soi pour ce dernier. Mais cette idée, qui reste très cohérente sur sa base, n’est pas évidente lorsqu’on est dans le cadre de plusieurs pays qui s’échangent des millions de produits, comme c’est le cas avec les membres de l’OMC.

 Cela dit, la spécialisation dans le monde réel est relative au parcours ; un pays produira un bien demain parce qu’il a appris à le faire mais cela dépend aussi de ces capacité à assimiler ce qu’il apprend depuis l’extérieur. Le meilleur exemple est la Corée du Sud, qui est devenue un exportateur des technologies et de l’industrie automobile en un temps record grâce notamment à sa stratégie de développement qui était tournée vers l’intérieur : une autarcie et le contrôle étroit des marchés financiers  pendant les années 70 et 80. Suite à ce succès, la Corée du Sud est devenue membre de l’OCDE dans les années 90[3].

 Il faut signaler aussi que les avantages comparatifs sont fondés sur les rendements constants (doubler les intrants = production doublée) alors que les rendements sont  croissants pour les produits manufacturés où l’expérience réduit considérablement les coûts de production impliquant ainsi des baisse des prix de vente, surtout dans le cas de rendements d’échelle importants (compenser la réduction du taux du profit par une hausse des quantités produites).  Dans ce cas de figure, un pays concurrent se voit dans l’obligation de protéger sa propre industrie s’il veut qu’elle résiste davantage et atteindre une taille importante pour faire face à la concurrence extérieur. L’Algérie se trouve exactement dans ce cas. Il ne faut pas chercher trop loin. L’industrie nationale algérienne est très fragile et non compétitive pour l’ouvrir à une concurrence extérieure qui peut la dévorer en si peu de temps.

 Cependant, Il est intéressant, voire primordial, de rappeler qu’en matières de barrières aux échanges, l’Algérie, à l’instar des pays exportateurs des hydrocarbures, n’est pas trop affectée par les barrières sur ses exportations. A cet effet, les négociations avec le groupe du travail de l’OMC seront portées sur les barrières à ses importations. En effet, les membres de l’OMC reprochent, entre autre, à l’Algérie les barrières non tarières (non douanières) qu’elle pratique à l’égard des produits importés.

 Parmi les dossiers qui font obstacle à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, nous trouvons celui lié à l’importation des produits pharmaceutiques. Il y avait aussi l’interdiction de l’importation des boissons alcooliques, qui a été levée par la suite pour faire de l’Algérie un grand consommateur des boissons alcooliques. Très étrange pour un pays qui se réclame musulman via sa constitution.  Mais revenons plutôt au dossier des produits pharmaceutiques : il serait utile de savoir que des pays comme la France ont des listes noires des médicaments dangereux[4].  Cependant, dans le cadre de l’OMC, interdire l’importation des médicaments, jugés risqués, peut engendrer de lourdes conséquences si l’affaire est portée devant l’instance des différés, qui est souvent un allié des grands groupes pharmaceutiques comme on a pu le voir avec l’affaire des virus H5N1 et H1N1 dont l’ancien secrétaire de la défense américaine, Ronald Rumsfeld, est actionnaire majoritaire des laboratoires pharmaceutiques « Gilead sciences »[5].

 Par ailleurs, un autre point fondamental rend les négociations très compliquées entre l’Algérie et l’OMC à savoir la pratique du prix minimum à l’exportation, qui est incompatible avec les principes de l’Organisation. Au fait, ce principe permet une certaine protection, dans le cadre de la légalité de la procédure, du consommateur national contre une exportation massive des produits qui sont à bas prix mais qui restent insuffisants pour le marché domestique, les produits agricoles surtout.

 Le libre-échange et ses avantages comparatifs que défend notre « intelligentsia » dans l’optique de développement de l’économie nationale est une tromperie majeure. Disons-le au passage, généralement cette « élite intellectuelle », à défaut de l’appeler différemment, défend la libéralisation du marché algérien parce qu’elle est, plus ou moins, vendue à des intérêts privés, notamment ceux qui se trouvent au sein du pouvoir comme le cas des « généraux-importateurs ». Cependant, Pour répondre à ces intellectuels faussaires, je vais faire appel à James K. Galbraith : « La voie royale pour sortir du sous-développement est la diversification efficace, pas la spécialisation, et une diversification efficace exige un usage stratégique de la politique commerciale […]. De fait, aucun pays du monde qui ont vraiment réussi dans le commerce, dont le Japon, la Corée du Sud, Taiwan et à présent à la Chine Continentale, n’est parvenu à son statut actuel en adoptant des règles commerciales néolibérales[6]

 Parmi les autres points cruciaux dans cette déréglementation et cette libéralisation de tout va que demande l’OMC, l’Algérie retient sa position sur la politique des prix. En effet,  l’Algérie considère que certains biens et services sont d’une nature stratégique et peuvent en conséquence être administrés par l’Etat. Un certain nombre de produits alimentaires sont fixés par l’administration centrale,  et de même pour les prix des produits énergétiques (hydrocarbures et électricité), des médicaments et des transports.

Au fait, certaines personnes, dites libérales, rien avoir avec les libres penseurs, vont demander les raisons derrières une administration des prix, tout en avançant la loi de l’offre et de la demande, sensée réguler les marchés « concurrentiels ». Question étrange d’ailleurs ! Notons seulement que cela épargne au citoyen Algérien le joug des grandes banques internationales qui spéculent sans cesse sur les produits alimentaires de base[7]. C’est aussi l’unique moyen pour que l’Algérien moyen ne soit  pas à la merci de l’humeur de ces banquiers voyous à la bourse de Chicago. La famine est la pire des choses que peut arriver à l’Algérie car « l’homme qui est dans le souci et le besoin, n’a pas de sens pour le plus beau spectacle », disait Marx dans le Manuscrit de 1844.

Bien sûr que le système de subvention actuel est mal géré et profite à toutes les couches sociales au lieu de le centrer sur la plus défavorisée. Une telle procédure nécessite beaucoup d’effort et une gestion plus efficace. Nous allons se limiter à cela pour le moment.

Mais l’autre argument que ne pouvons lancer ici consiste à dire que du moment où les pays développés subventionnent leurs produits alors pourquoi pas l’Algérie  fera exception?  A titre d’exemple, les USA subventionnent leur industrie du coton tout en mettent des barrières à l’entrée pour contrer le coton des pays sous-développés qui est à bon prix. Au fait, le 07/12/2013, un accord, qualifié d’historique, a été signé par les membres de l’OMC et qui stipule de mettre fin aux subventions à l’exportation[8]. En tout cas  l’avenir nous dira, comme à chaque fois, que la bonne foi est toujours absente lorsqu’il s’agit de faire de l’argent.

Cela dit, la double tarification (le prix national est différent du prix à l’exportation) des  hydrocarbures est défendue par l’Algérie comme une conséquence d’un simple avantage comparatif. Cela est profitable aussi aux investisseurs étrangers qui produisent en Algérie. Ce bas prix des énergies est un argument assez important, parmi tant d’autres pour pratiquer la règle 51/49, que veulent abroger les défenseurs du « marché libre ». Nous n’allons pas déborder davantage cette règle ici.

En tout cas, cette politique de double tarification en Algérie dérange énormément les partenaires non producteurs des hydrocarbures, notamment l’UE. A savoir que l’UE considère cette politique comme une subvention pour le secteur des énergies et impose à cet effet des droits de douane spécifiques pour les  exportations de ce secteur, comme les fertilisants. D’ailleurs, la protection de l’industrie nationale est bien prise en compte de la part de l’UE.

Les négociateurs de l’OMC reprochent aussi à l’Algérie le monopole naturel de la Sonatrach sur le marché des énergies ! Pourquoi ne pas reprocher alors les monopoles des compagnies privées ? Le cas d’EDF ou de Veolia n’est pas trop loin de celui de Sonatrach sauf que cette dernière est publique pour le moment.  Nous pouvons constater facilement ici cette analyse à géométrie variable que pratique l’OMC. Cette Organisation ne prend pas en compte l’intérêt public des citoyens, qui est manifestement clair ici avec la Sonatrach, contrairement aux intérêts privés qu’elle défend.

Au final, vous voyez bien que le libre-échange peut conduire facilement l’Algérie à sa dérive. Elle sera obligée de jouer avec des règles du jeu que lui imposent les membres de l’OMC. En effet, les pays industriels ont su protéger et sauvegarder leur industrie lorsqu’elle était fragile. Les USA sont le meilleur exemple en la matière. Après des années de protectionnisme, ils viennent maintenant, notamment dans le cadre du processus de Washington, demander  l’ouverture des marchés internationaux à leurs multinationales. Celles-ci peuvent obliger l’Algérie à retirer une loi qui entrave la maximisation de leur profit.

Vous en conviendrez facilement que l’unique intérêt des entreprises étrangères qui s’installent en Algérie, c’est de maximiser les dividendes de leurs actionnaires. Elles ne prennent pas en compte, en aucun cas,  l’intérêt de la nation et du moins celui des citoyens. Cependant « les entreprises nationales peuvent au moins s’adapter au contexte social. Il leur arrive de répugner à licencier si elles savent qu’il n’y a pas d’autre emploi possible.»[9] Nous allons y revenir davantage sur l’impact des privatisations, qu’impose l’OMC, sur l’économie Algérienne.

Le dernier point que nous voulons soulever ici, dans le cadre des zones de libre-échange et celui avec les pays du Maghreb. Ceci est très intéressant dans le fond, mais reste très compliqué à mettre en place. Le premier obstacle est institutionnel car les Etats membres ont de nombreuses divergences, y compris sur les détails les plus insignifiants, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Mais sous un angle économique, nous trouvons encore le protectionnisme qui empêche la mise en avant de cette zone de libre-échange et retarde une éventuelle l’élaboration de l’Union Maghrébine. A noter que le libre échange avec les pays du Maghreb n’a rien de semblable à celui avec l’UE, les USA ou dans le cadre de l’OMC.  Parce que les entreprises de ces pays du Maghreb ne sont pas trop différentes entre elles, en terme de taille et de stratégie économique.

Récemment la Tunisie a instauré une taxe sur les boissons algériennes et cela a provoqué une indignation des producteurs Algériens. Il faut savoir que les autorités tunisiennes ont juste appliqué le principe de la sûreté nationale, invoqué plus haut. En effet, les boissons tunisiennes coûtent plus chère que celles de son voisin l’Algérie parce que, et à titre d’illustration, l’énergie et l’eau nécessaires pour faire tourner une usine de boisson restent de loin moins coûteux en Algérie, d’où le faible coût de revient et de vente.

Cela dit, chaque pays est souverain dans ses décisions et peut prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger son économie en générale et son industrie en particulier, car ceci est la condition sine qua non dans le cadre des stratégies de développement économique. Très facile à le constater grâce aux données que nous offre l’histoire économique de ces deux derniers siècles.

DEUXIEME PARTIE

 

« …Nous avons abandonné le pouvoir aux grandes entreprises, et nous allons connaitre une vague de corruption sans précédent qui va  s’infiltrer jusqu’aux plus hauts niveaux de l’Etat. Les forces de l’argent vont tenter de se maintenir au pouvoir en excitant la classe sociales les unes contre les autres jusqu’à ce toute la richesse se trouve concentré dans quelques mains et que notre République s’effondre. J’éprouve en ce moment plus d’inquiétude pour mon pays que je n’ai jamais eu, même en temps de guerre » Abraham Lincoln, 16ème  président des Etats-Unis (10)

Lors de la première partie de cette analyse, nous avons essayé de déconstruire et de  monter   l’incohérence de l’idée selon laquelle le libre échange est nécessaire  pour développer l’économie Algérienne. Nous avons conclu notre analyse en avançant que le libre-échange n’est pas souhaitable lorsqu’une économie est fragile et naissante à l’instar de l’économie Algérienne.

Dans cette deuxième partie nous allons mettre au clair l’autre aspect de cette adhésion à l’OMC à savoir la demande de privatisation des entreprises publiques, la libéralisation et la déréglementation du marché. Il faut noter que l’OMC a d’ores et déjà exigé à l’Algérie de privatiser ses actifs comme une condition primordiale. Cela va de soi avec les exigences du FMI et de la Banque Mondiales lorsque l’Algérie les a sollicités pendant les années 90. Cela nous amène à formuler la question suivante :

La privatisation et la libéralisation sont-elles nécessaires pour développer l’économie Algérienne ?

Pour répondre à cette question, très débattue d’ailleurs par les économistes, nous devons connaître la source de ces deux notions. Elles sont le produit de la pensée néolibérale, à l’instar de l’Ecole de Chicago et dont le maître est le célèbre économiste monétariste Milton Friedman. Ce dernier a pu, avec ses disciples, expérimenter ses théories notamment sur les populations des pays sous-développés.  Mais, malheureusement, à chaque fois c’était le même résultat : un désastre sans précédent.  Ces théories néolibérales, monétaristes pour être précis, ont produit, d’une part, des populations de plus en plus pauvres et, d’autre part, l’enrichissement d’une classe déjà favorisée. C’était la cause directe de la baisse d’impôt, la suppression des services et des aides publics et de la déréglementation des marchés du travail et des prix.

Au fait, certains « intellectuels » vont plus loin dans leur affirmation de la nécessité de la libéralisation. Mais si nous leur demandons: nous libérons quoi exactement ? La réponse la plus poussée est celle de Fukuyama lors de son discours du février 1989 : « la réforme démocratique et la réforme néolibérale étaient des jumelles inséparables ». Friedman ose davantage en affirmant que « les citoyens ordinaires vivent beaucoup mieux dans les pays capitalistes que dans les pays communistes ».(11)

Cependant, Friedman, dans sa logique doctrinale, a souvent occulté la réussite des pays scandinaves. Des pays  où les gens sont les plus heureux au Monde même si les impôts et les cotisations sociales sont les plus élevés parmi les économies développées. Cela montre bien l’absurdité de ces affirmations, rangées par ces faiseurs d’opinions au rang des évidences. Ajoutons à cela que dans les pays Scandinaves, la démocratie a fait preuve de bon fonctionnement et de réussite exemplaire, car les citoyens participent effectivement et activement à la prise de décisions, notamment par le principe du référendum.

Par « liberté économique », les faussaires usent encore une fois de l’effet de substitution dont parlait Alexandre Douguine (cf. « La quatrième théorie politique »). En effet, ils ont pu remplacer un concept dangereux par un simple mot de gaieté qui fait référence au libre-choix de l’individu. La liberté économique est totalement détachée des libertés fondamentales que peut garantir une Constitution aux citoyens d’une nation: liberté d’expression, liberté de culte, liberté de la presse… En fait, la liberté économique est contre toute intervention de l’Etat dans le fonctionnement du marché. Elle est par exemple contre une assurance maladie; elle est défavorable à la gratuité de l’éducation nationale… Ses fervents défenseurs affirment à hautes voix que Hugo Chavez et Evo Morales sont des dictateurs ! Parce qu’ils entravent cette « liberté fondamentale » du marché. Mais ces mêmes personnes étaient favorables au régime du général Pinochet, dictateur Chilien, parce qu’il était pour le « libre-marché ».

Vous en conviendrez facilement, nous avons la certitude, que c’est une absurdité inouïe de concevoir la liberté économique en la liberté d’acheter ou de faire du « shopping ». Mais malheureusement beaucoup de gens tombent facilement dans ce piège. Nous pouvons concevoir ceci comme l’effet direct de la défaillance des Médias de masse qui n’assurent plus le rôle,  information viable, mais font de la pure propagande dans une optique de confusion générale.

Revenons maintenant à l’économie Algérienne et essayons de comprendre exactement ces deux concepts au niveau de l’économie nationale.

1 La privatisation des entreprises publiques est-elle la solution ?

En Algérie, à l’instar d’autres pays, l’administration publique gère les entreprises à capital public. Parfois cela est mal fait. Et généralement les PDG sont « parachutés » dans des postes clés sans avoir les compétences nécessaires pour assurer une telle tâche. Les exemples ne manquent pas actuellement en Algérie. Nous avons apporté dans un article antérieur,  à titre illustratif, le cas de Mobilis, comme une mauvaise gestion des ressources publiques, humaines et matérielles (12). En effet, il y a des secteurs d’activité qui peuvent être délaissés  aux privés car les entreprises privées peuvent s’acquitter de cette tâchent facilement. Mais dire que les entreprises publiques ne sont pas rentables reste très discuté et les économistes non pas encore trancher là-dessus.

Dans son excellent livre, « Les ingénieurs et le capitalisme », T. Veblen (l’un des plus brillants économistes de tous les temps, mais de loin le moins connu de tous) insistait sur le fait que si les entreprises publiques ne fonctionnaient pas, c’est parce qu’il y a un intérêt à cela. Il voulait  dire qu’il y a des mains qui agissent contre le bon fonctionnement de ces entreprises publiques. Au fait, il a pris l’exemple des Postes et des Chemins de Fer aux USA où il a constaté que ces deux entreprises publiques avaient constamment des problèmes de fonctionnement. Mais lors de la première guerre mondiale et le besoin de l’efficacité qui s’impose, elles avaient fonctionné à plein régime et sans difficultés considérables, d’où sa conclusion qui consiste à dire que le « sabotage volontaire » est souvent derrière les disfonctionnements courants au sein des entreprises publiques.

Cela est vrai pour la plus part des entreprises publiques dans le MONDE. Les intérêts privés achètent des usines qui coûtent des centaines de millions de dollars avec juste des centimes, gratuitement en clair,  et font par conséquence des plus-values énormes. Celles-ci couvrent tous les investissements nécessaires pour faire marcher à nouveau une usine en arrêt. Comme cerise sur le gâteau, on les fait passer pour des héros de la nation, qui sauvent le pays d’une récession globale ! Allez, expliquez-moi ce délire !

Le problème ne réside pas directement dans la privatisation. Pas du tout ! Il s’agit, en effet, du processus de privatisation. Le FMI a toujours exigé une privatisation rapide des entreprises publiques afin d’accorder ses aides.  De même pour l’OMC  qui a exigé la privatisation de l’industrie algérienne pendant toute la période des négociations, depuis 1996. Parce que ces institutions capitalistes supposent que le marché fonctionne parfaitement et qu’il peut agir très rapidement pour répondre aux besoins. Un délire sans limite, comme si la privatisation est la baguette magique qui peut faire des miracles. Il faut noter qu’il y a beaucoup d’activités que ne peut assurer le privé et sont, par voie de conséquence, prises en charge par l’Etat. Donc, « éliminer l’entreprise publique peut créer un vide immense. Et même si, finalement, le secteur privé entre en jeu, de terribles souffrances ont pu dans l’intervalle résulter de cette décision »(13)

La privatisation  du complexe sidérurgique d’El Hadjar, en 2001, est un cas d’école. Suite à sa reprise (à 70% du capital) par ArcelorMittal l’enthousiasme de nos dirigeants était à son paroxysme. La question qui reste a posé est celle-ci : pourquoi l’Etat Algérien a privatisé un tel pilier de l’industrie Algérienne ? L’hypothèse selon laquelle, la mainmise de la mafia des généraux est derrière cette opération nous semble cohérente, car ils avaient plus à gagner en le privatisant. Comment ça, vous allez me dire ? Trop facile ! Comme si les profits annuels étaient très limités, suite à une faible rentabilité, il fallait alors trouver une nouvelle combine pour ramasser plus d’argent. Leur tour de magie est passé inaperçu grâce au monopole sur les importations. L’Algérie importe 10 milliards de dollars de produits sidérurgiques par an.

Cela dit, plus de dix ans après, l’Algérie a repris une part majoritaire (à 51% du capital) du complexe parce que l’Indien n’arrivait pas à « maximiser ses profits » et qu’il fallait un plan d’investissement de 763 millions de dollars pour toucher les objectifs prévus lors de la privatisation de 2001. A savoir que le nombre des salariés a passé de 12 000 en 2001 à un peu plus de 5 000 en ce moment (14)  En tout cas, comment peut-on être sûr de l’efficacité de cette nationalisation ? C’est le même gouvernement, corrompu qui a privatisé et c’est lui-même qui vient de reprendre la gestion actuellement !!!

Il y a un danger, que nous devons citer,  quant aux  privatisations des entreprises publiques ! Le président Lincoln, ci-haut, l’a bien identifié. Il s’agit, en effet, du danger que peut engendrer l’octroi du pouvoir à des intérêts privés. Ceux-ci peuvent, pour des motivations financières ou/et de monopole, étouffer des réglementations, qui leur sont défavorables, avant même leur élaboration. Elles y arrivent souvent par le biais de la corruption et des lobbyings. Pour le dire clairement : c’est détenir une position de force vis-à-vis de l’Etat et du consommateur.

Mais l’OMC, le FMI, la BM et tous les organismes onusiens se « moquent » de savoir qui souffre au final. Le plus important est de laisser le marché aux privés et c’est à eux de décider de ce qui est bon ou mal pour les consommateurs. L’Etat doit être neutre, sinon il doit protéger ces intérêts privés contre une éventuelle colère des citoyens. Ce rôle est celui des institutions militaires corrompues. Nous sommes vraiment dans des délires idéologiques qui n’ont aucun rapport avec l’économique, du moins en sa vocation de répondre aux besoins.

Un autre aspect  répugnant de ces privatisations réside dans leur coût humain. Leur impact sur l’emploi. Pour réduire les coûts et maximiser les profits, les entreprises privées ont tendance à réduire leur effectif au strict minimum nécessaire. Elles vont même réduire en dessous du nécessaire, en obligeant les salariés à doubler leurs efforts. C’est-à-dire qu’un seul agent doit assurer le travail de deux agents au minimum. Le concept de la division du travail trouve tout son sens ici. Exploiter puis réduire en esclavage, « moderne » si vous voulez, le salarié. Mais les capitaines de l’industrie savent bien qu’il faut garantir le minimum vital pour que me l’employé puisse travailler au maximum de ses efforts.

Mais pendant les périodes de crises profondes, où « l’armée de réserve industrielle » est toujours prête à remplacer les éléments défiants.  Le chantage au chômage est une arme très utile pour les capitaines de l’industrie : « tu vas travailler comme on veut sinon la porte est ouverte et d’autres bras attendent dehors ».Donc si nous regardons bien tout cela dans l’angle de l’efficacité globale, nous trouverons que les coûts sociaux du chômage, qu’engendrent ces privatisations, sont difficiles à recouvrir par l’Etat, surtout dans un pays où il n’existe pas une assurance chômage.

Pour une vraie efficacité, « la privatisation doit s’inscrire dans une stratégie globale, qui prévoit de la création d’emplois et tandem avec les destructions d’emplois que l’on provoque souvent en privatisant. Il faut prendre des mesures macroéconomiques qui aident à créer des emplois dont la baisse des taux d’intérêt. Tout est dans le choix du moment (et le respect des étapes). Ce ne sont pas de simples problèmes pratiques de « mise en œuvre », ce sont des questions principales » (15).Donc, il faut des structures juridiques et des institutions de réglementation du marché appropriées pour dissuader le nouveau propriétaire de piller les actifs, afin de travailler pour l’expansion du tissu industrielle.

Il faut, en effet, savoir trouver un juste équilibre. Nous proposons l’instauration de la concurrence loyale entre les opérateurs publics et privés, sauf dans les secteurs stratégiques qui doivent rester impérativement sous le contrôle de l’Etat. Le monopole de l’Etat reste essentiel dans certains domaines à l’instar des énergies.

Par ailleurs, Il revient seulement aux entreprises compétentes, rentables, et les plus profitables à la société de rester sur le marché. L’Etat n’est pas dans son rôle lorsqu’il assure des tâches qui incombent aux privés. Il peut, voire obliger, de les aider à se mettre en place dans certains domaines et puis laisser la place aux plus compétents. Cela ne va pas dire qu’il ne faut pas garder les entreprises publiques, mais juste les redynamiser pour éviter d’injecter des fonds qui les maintiennent sous perfusion. A l’image des entreprises publiques spécialisées dans les travaux publics. Celles-ci peuvent être privatisées car l’opérateur privé a prouvé ses capacités dans ce domaine.

Mais cela doit être fait dans le cadre de la loi et avec une grande transparence. Les privatisations « entre amis », comme nous l’avons vu, n’apportent rien à l’économie nationale si ce n’est de rendre ces impliqués plus riches et appauvrir davantage le citoyen Algérien.

Au final, la richesse de l’Etat est aussi la richesse de ses citoyens. Mais cela est vrai uniquement lorsqu’il y a un Etat de droit ; chose qui fait défaut en ce moment en Algérie. L’absence d’une véritable Institution est le problème essentiel que nous devons régler pour entamer la démarche du rattrapage économique.

2. La libéralisation va-elle fermer ou ouvrir la « boîte de Pandore » ?

Autrement dit, la libéralisation va-t-elle être le remède, tant attendu, aux maux de l’économie Algérienne ? Au fait, la libéralisation veut dire, en gros, la suppression de l’intervention de l’administration centrale sur les marchés financiers et la mise en place du libre-échange. Comme nous avons déjà abordé la question du libre-échange dans la première partie de cette analyse, nous allons donc se concentrer  uniquement sur la privatisation financière.

Dans le cadre des négociations pour adhérer à l’OMC, la libéralisation des marchés financiers est l’une des conditions essentielles, comme nous avons eu la chance de constater lors des négociations de l’adhésion de la Chine. En effet, le gouvernement Américain a fait d’énormes pressions sur la Chine pour qu’elle libère son marché financier, à travers une clause spécifique dans le cadre des négociations. L’Empire du Milieu n’a pas voulu se soumettre aux exigences du Trésor américain et avançait la crise Asiatique qui a suivi la libéralisation des marchés financiers Asiatiques. Un argument très fort qui a joué en sa faveur mais pas pour longtemps.

Il est important de noter que la première cause de la déréglementation des marchés financiers aux USA, était la débâcle des caisses d’épargne à la fin des années 80. Une perte de plus de 200 milliards de dollars (16), soit presque l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) de toute l’économie algérienne, 216 milliards de dollars en 2013.

Pour ce qui est de l’Algérie, le marché financier reste encore insignifiant et ses réserves de change, qui avoisine les 200 milliards de dollars selon le FMI, sont inverties en bons du Trésor Américain, et de ce fait sa libéralisation importe peu dans les négociations avec l’OMC. Cela dit, une libéralisation va être certainement entamée car la libre circulation des capitaux est primordiale dans les accords du libre-échange. De ce fait, l’Algérie sera amenée à supprimer les restrictions imposées en matière de contrôle des devises parce qu’une multinationale qui investit en Algérie ne doit pas subir des entraves en cas de transferts des bénéfices à sa maison à mère ou à des paradis fiscaux, selon la vision de l’OMC.

Cependant, le marché du change doit rester sous le strict contrôle de l’administration algérienne, car c’est une arme de « destruction massive » lorsqu’on l’utilise contre un pays, comme cela s’est produit lors de la crise Asiatique de 1997.Il faut savoir que la Chine a échappé bel et bien à cette crise parce qu’elle n’avait pas libéré son marché financier et elle avait gardé les restrictions sur le mouvement des capitaux. Elle a démontré, en conséquence, que la libération des marchés financiers n’est pas nécessaire pour attirer les investissements étrangers. Alors, prenons cette expérience chinoise comme un modèle à suivre, pour le moment.

Pour les défenseurs de l’argent facile que génère la spéculation sur les actions en bourse, nous leur proposons ce passage d’Aristote : « La chrématistique se distingue de l’économique en ce sens que pour elle la circulation est la source de la richesse et elle semble pivoter autour de l’argent, car l’argent est le commencement et la fin de ce genre d’échange…c’est pourquoi aussi la richesse, telle que l’a vue la chrématistique, est illimitée. […], … la chrématistique est infinie de sa nature, car ce qu’elle poursuit c’est la richesse absolue. L’économique est limité, la chrématistique non… […] C’est pour avoir confondu ces deux formes que quelques-uns ont cru à tort que l’acquisition de l’argent et son accroissement à l’infini étaient le but final de l’économique »(17)

Selon certains experts et économistes algériens, favorables à l’OMC, la libéralisation financière et économique passera nécessairement par la suppression de la règle 51/49. Cependant, le Haut Responsable à la coopération franco-algérienne en industrie et en technologie a déclaré récemment que cette règle n’est pas du tout un obstacle pour les entreprises françaises : « Le message que je fais passer aux entreprises françaises c’est d’utiliser ce 51/49 comme un outil d’implantation en Algérie, parce que cet outil (les) contraint positivement à trouver un partenaire algérien » (18),a indiqué M. Levet.

Pour conclure, nous dirons que vous avez constaté lors de cette analyse, en deux parties, que l’adhésion à l’OMC n’est pas du tout souhaitable, car ses exigences en matière de libération économique et de privatisation risquent de coûter cher à l’Economie Algérienne. L’Economie Algérienne est trop fragile pour faire face aux géants mondiaux. Nous devons prendre en compte tous les paramètres, économiques, sociaux… afin de peser les conséquences de l’adhésion à l’OMC.  Mais Au lieu de rester sur l’économie de rente qui range l’économie (cf. le syndrome Hollandais), via les  importations, nous devons mettre en place des stratégies de développement de long terme.  Il faut se concentrer davantage sur les capacités Algériennes. Nous devons fermer nos frontières aux produits étrangers que nous pouvons produire aisément. Bref : Patriotisme économique, Protectionnisme intelligent et des Institutions fortes et transparentes. Voilà les trois concepts essentiels pour développer notre économie. Nous allons y revenir prochainement pour développer davantage ces concepts.

 [1] Adam Smith, « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations », t. I, p. 85 (Livre I, chap. 3)

[2] Ibid., t. II, p. 42 (Livre IV, chap. 2)

[3] Voir J. Stiglitz «  la grande désillusion », chap.4

[4] Voir ici : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/01/31/la-liste-noire-de-68-medicaments-a-eviter-selon-prescrire_4357598_1650684.html

[5] Voir ici : http://money.cnn.com/2005/10/31/news/newsmakers/fortune_rumsfeld/

[6] James K. Galbraith, « L’Etat prédateur », p. 112

[7] Voir l’exemple de la Goldman Sachs et sa spéculation sur les produits alimentaires : http://www.slate.fr/story/39483/goldman-sachs-provoque-crise-alimentaire

[8] Voir ici : http://www.france24.com/fr/20131207-bali-omc-scelle-accord-historique-commerce-mondial-echanges/

[9] J. Stiglitz, «  La Grande Désillusion », chap. 3

(10)A. Lincoln, « Lettre à William Elkins » du 21 novembre 1864, cité par Hongbing Song dans « La Guerre des Monnaies », p. 51.

(11)Friedman  et Friedman, TwoLuky People, p. 520-522,  cité par N. Klein dans « La stratégie du Choc », p. 227.

(12)Voir supra (première partie)

(13)J. Stiglitz, « La Grande Désillusion », p. 105.

(14)Plus d’information ici :http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/l-algerie-nationalise-une-usine-d-arcelormittal-437005

(15)J. Stiglitz, op. cit., p. 107.

(16) Plus d’information ici: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecofi_0987-3368_1991_num_18_3_2719

(17) Aristote, « La Politique », livre I, chap. VIII et IX, passim,  cité par H. Pena-Ruiz dans « Marx quand même », p. 129.

(18) Voir ici : http://www.aps.dz/Investissements-etrangers-la-regle.html

 

Source: algerienetwork.com