Qui était vraiment l’auteur de l’attentat sanglant de Nice ?

auteurLes éléments reunis par les enquêteurs français commencent à donner une idée plus précise du ressortissant tunisien de 31 ans qui a été identifié comme l’auteur de l’attentat spectaculaire de Nice. Le fait que Mohamed Lahouaiej Bouhlel soit « totalement inconnu des services de renseignement », ajouté aux armes factices retrouvées dans son camion et à l’absence de revendication laisse les enquêteurs perplexes. Les médias occidentaux sont à se demander si l’auteur de l’attentat de Nice était vraiment un terroriste. Plusieurs témoignages, recueillis par le quotidien Le Monde et différents médias, ont jeté le trouble sur sa personnalité. Décrit comme peu religieux, il ne ferait ni la prière ni le ramadan. Selon un de ses voisins, cet amateur de salsa et de musculation, en instance de divorce avec trois enfants et une pension alimentaire à payer aurait simplement « pété les plombs ».

Un journaliste de la BBC a déclaré sur Twitter, photos à l’appui, que le père de Mohamed Lahouaiej Bouhlel lui avait affirmé que ce dernier était victime de troubles mentaux et suivi par un psychologue. L’analyse du cercle relationnel du camionneur devrait permettre de démêler ce qui relève de mobiles personnels et d’une véritable conviction djihadiste. Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il « pété un plomb », comme le pense son voisin ? A-t-il été influencé pour sublimer son suicide en opération martyre ? S’est-il radicalisé à l’insu des services de sécurité français qui ont pourtant eu affaire à lui dans un dossier de droit commun ?

Selon le quotidien français Le Monde, « La réponse à ces questions ne changera que peu de chose au climat qui s’est installé en France, cible privilégiée de l’organisation Etat islamique e (EI). Le déclenchement à distance des pulsions morbides d’individus fragiles fait partie intégrante de la stratégie de l’EI. Objectif affiché : pousser la société à se  fracturer autour de questions d’identité afin que les musulmans, se sentant rejetés, adhèrent au sentiment de persécution véhiculé par la dialectique djihadiste. Un danger qui a été clairement identifié par le patron de la DGSI. Lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, Patrick Calvar s’était inquiété de la « radicalisation de la société » : « Vous aurez une confrontation entre l’ultra-droite et le monde musulman – pas les islamistes mais bien le monde musulman », avait-il prophétisé. »