Réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE sur la Libye

Les ministres des Affaires étrangères des  28 pays membres de l’Union européenne (UE) vont se réunir lundi à Bruxelles pour traiter notamment de la crise en Libye qui sévit depuis 2011, ont indiqué des sources diplomatiques. La Haute Représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Frederica Mogherini, souhaite que les Vingt-Huit examinent l’idée d’envoyer des soldats en Libye pour soutenir un éventuel gouvernement d’union nationale, un projet accueilli avec scepticisme par les dirigeants de l’UE.

En cas de succès des négociations menées par l’émissaire de l’ONU Bernardino Leon, Federica Mogherini a évoqué l’idée que l’UE envoie une mission en Libye pour surveiller un cessez-le-feu ou protéger les aéroports. Elle a également suggéré que des navires de l’UE contribuent à faire respecter un embargo sur les armes. Selon des sources diplomatiques européennes, cette mission impliquerait nécessairement le déploiement de militaires européens en Libye, où l’organisation autoproclamée « Etat islamique » (EI/Daech) a établi une présence récemment.

L’UE pourrait également envisager l' »envoi d’une mission mixte, militaire pour protéger le gouvernement et civile pour aider à la lutte antiterroriste ou dans d’autres domaines ». Les diplomates de plusieurs Etats membres mettent en garde cependant contre toute décision précipitée. « Nous aimerions d’abord constater un accord », dit l’un d’eux. « Et nous aimerions voir en détail les demandes de l’Onu avant de commencer à nous engager dans la préparation d’opérations risquées qui nous engageraient dans un pays extraordinairement instable ».

Les chefs de diplomatie des 28 devraient commencer par approuver lundi une déclaration demandant à la Haute Représentante de présenter dès que possible des propositions pour une éventuelle mission européenne en Libye, sans entrer dans les détails. Une mission de l’UE requerrait à la fois une demande officielle de la part de la Libye et un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, où le soutien de la Chine et de la Russie, qui disposent du droit de veto en tant que membres permanents, ne paraît pas pour l’heure garanti (Source APS)