Saïd Bouhadja accuse nommément Ahmed Ouyahia

On savait que la fronde des députés de la majorité contre le président de l’APN, Saïd Bouhadja, n’était pas une action spontanée motivée par les raisons politiques et organiques invoquées publiquement par ces députés. On savait également que le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, ne pouvait agir comme il l’a fait sans l’aval de quelqu’un plus haut dans le sérail présidentiel. Dans sa dernière sortie médiatique, le président de l’APN, a levé un peu plus le voile sur la nature de la campagne dont il fait l’objet depuis plus d’une semaine. Il n’a pas hésité à accuser nommément le premier ministre et secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, d’être à l’origine de la situation qui prévaut actuellement à l’Assemblée.

« Mon affaire n’est pas avec les députés qui m’ont soutenu et ont voté pour moi. L’affaire est entre moi et Ahmed Ouyahia », déclare Saïd Bouhadja qui impute ainsi la responsabilité de la situation actuelle aux chefs des partis de la majorité, dont le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbas. « Ahmed Ouyahia a donné instruction aux députés de son parti pour appuyer cette fronde. Cette dernière est venue de l’extérieur. Ces sont les chefs des partis qui sont derrière pour attaquer l’institution et provoquer une vacance politique et constitutionnelle. Ils veulent ainsi réaliser ce qu’a déclaré récemment l’ancien ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet » a affirmé Saïd Bouhadja dans un communiqué rendu public.

Toute en réitérant son refus de se soumettre « à ces injonctions malsaines », Saïd Bouhadja estime que « l’arrière-pensée de ceux qui ont lancé cette campagne est sournoise ». « Ahmed Ouyahia et les autres auraient pu m’appeler. Je suis ouvert au dialogue. Mais avec ce procédé, ils ne m’auront pas », lance-t-il, en réitérant son soutien au président Bouteflika. La déclaration de Saïd Bouhadja sonne comme une réponse à la déclaration faite quelques heures auparavant par Ahmed Ouyahia. Lors d’une conférence de presse, le premier ministre et patron du RND, avait affirmé « que le blocage de l’APN est dû à un différend entre le président de l’institution et les députés » et a invité implicitement le président de l’Assemblée à présenter sa démission. Reste maintenant à savoir si Ahmed Ouyahia a agi pour le compte des responsables qui actionnent telle une marionnette le secrétaire général du FLN, Djamel ould Abbes, ou s’il a agi pour le compte d’un autre sponsor…