Said Sadi et Aït Hamouda s’affrontent devant un tribunal français

Après un premier rejet par la justice française en octobre 2017, le Procès en diffamation opposant l’ex-Président du RCD à l’ancien militant du même parti et actuel député indépendant Nordine Aït Hamouda aura finalement lieu le mercredi 3 octobre à la 17e Chambre du tribunal de Grande Instance de Paris. Pour rappel, l’actuel député, Nordine Aït Hamouda, est poursuivi pour ses propos tenus sur Berbère TV contre Saïd Sadi, qu’il avait accusé d’avoir bénéficié d’un terrain à El-Biar (Alger), octroyé par le Général Toufik. « Said Sadi y a construit une villa et il l’a loué à 12 000 euros », avait-il déclaré.

Pour de nombreux militants algériens, le fait que d’anciens dirigeants d’un parti qui militait officiellement pour un changement démocratique finissent par se jeter à la figure des accusations de corruption aussi graves que celles qu’ils portaient contre au pouvoir en place est tout simplement lamentable et risque de décourager les jeunes qui espèrent encore un changement en Algérie. D’autres regrettent que ces dirigeants n’aient pas trouvé mieux que de laver leur linge sale devant la Justice de l’ancien colonisateur. Les proches de Saïd Sadi rappellent que Nordine Aït Hamouda n’avait pas hésité à poursuivre devant la Justice française la sœur de Matoub Lounes qui l’accusait d’avoir trempé dans l’assassinat du chanteur kabyle.

Si les relations entre le RCD et le DRS dissous étaient un secret de polichinelle dans la mesure où plusieurs anciens cadres du parti, à l’instar de l’avocat Mokrane Aït Larbi, n’avaient pas hésité à dénoncer publiquement ce fait, c’est la première fois qu’un ancien dirigeant du RCD accuse Saïd Sadi de corruption. Les relations entretenues entre le RCD et le DRS (qui représentait à l’époque un pôle important du pouvoir) ne pouvaient pas ne pas donner lieu à des privilèges politiques (coup de pouce électoral, nominations au sein de l’administration) et économiques (lots de terrain, crédits bancaires). Ces relations ont fini par jeter le discrédit sur ce parti qui a fini par perdre du terrain au profit du nouveau arrivé sur la scène régionale, le MAK de Ferhat Mehenni.