Un potentiel en hydrocarbures constant

A l’occasion de la journée du 24 février, le ministre de l’Energie et des mines, Youcef Yousfi, a déclaré que le potentiel algérien en hydrocarbures demeurait important et dépasserait même celui de 1971 en dépit de la baisse du volume des réserves en place dans les gisements exploités

« Il est tout à fait normal que le volume des réserves initialement en place dans les gisements exploités depuis longtemps observe une baisse  correspondant aux quantités extraites ». Cependant, a-t-il poursuivi, « le potentiel en hydrocarbures mis en évidence par les découvertes réalisées représente des volumes cumulés dépassant ceux produit durant la même période ».

Selon le ministre, les volumes obtenus après réévaluation des gisements découverts sont plus importants dans certains cas que ceux initialement annoncés. « Parallèlement aux travaux de recherche, la plupart des découvertes sont suivies d’un certain nombre de travaux, notamment les forages dits de délinéation », explique M. Yousfi, ajoutant que le traitement et l’analyse des données générées par ces travaux permettent de réévaluer les découvertes déjà réalisées.

A cet effet, une nouvelle phase d’intensification des efforts d’exploitation a été entamée dans tous les bassins sédimentaires de l’ensemble du domaine minier national d’hydrocarbures conventionnels. A court et moyens termes, c’est sur ce dernier type d’hydrocarbures que seront consolidés les niveaux de production » a-t-il ajouté.

S’agissant, en outre, des hydrocarbures non conventionnels qui continuent à susciter le débat en Algérie, M. Yousfi a affirmé que l’Algérie occupe aujourd’hui le troisième rang mondial en termes de possession d’hydrocarbures non conventionnels. « Nous avons la confirmation de l’existence d’un grand potentiel… Des publications faites par des bureaux spécialisés internationaux classent l’Algérie au troisième rang mondial en termes de possession de telles ressources », a souligné M. Yousfi, ajoutant que ces classements convergent avec les évaluations officielles de l’Algérie.

L’étude de développement de ces ressources est inscrite dans la politique de valorisation des ressources en hydrocarbures, selon le ministre qui affirme que le développement de ces ressources représentera « un apport très important en termes de réserves, dont les volumes s’ajouteront à ceux identifiés sur les gisement d’hydrocarbures conventionnels ».

A propos du démarrage de la production d’hydrocarbures en offshore en Algérie, M. Yousfi a affirmé que des travaux de prospection et de recherche sont déjà entamés sur les côtes algériennes et sont appelés à s’intensifier dans les prochaines années. « Une fois les études et les travaux en cours achevés, ils permettront de déterminer le potentiel d’hydrocarbures en place et de dégager des leads et des prospects », a souligné le ministre.

Si les déclarations du ministre viennent confirmer les prévisions des experts nationaux et internationaux et relativiser les cris alarmistes de ceux qui ne cessent d’insister sur l’épuisement rapide des ressources fossiles en Algérie, il ne faut pas que cela élude la véritable question urgente: l’Algérie continuera-t-elle à utiliser les recettes des hydrocarbures pour importer et consommer au risque de compromettre l’avenir des générations futures ou bien prendra-t-elle enfin la décision courageuse d’investir une partie de ces recettes dans le développement de la matière grise de sa jeunesse et dans l’encouragement de l’investissement productif tant privé que public ?