Une nouvelle corvette de fabrication nationale

La 25e Foire de la production nationale a été rehaussée cette année par la présentation de plusieurs réalisations émanant des différentes unités de production relevant du Ministère de la défense nationale. C’est ainsi que les visiteurs ont appris qu’une nouvelle corvette lance-missiles de fabrication nationale du nom de Raïs Hassan Barbière et portant l’immatriculation 807 vient d’être achevée dans les chantiers navals de Mers-El Kébir. Les caractéristiques techniques du navire sont les suivantes : environ 62 m de long pour 9 m de large, 595 tonnes de déplacement, un tirant d’eau de 2,54 m, une vitesse max de 28 nœuds et 14 jours d’autonomie. Le navire peut accueillir un équipage de 58 officiers et marins. Vue de face et de profil, la coque de type classique semble correcte. Cependant, les experts interrogés se sont montrés déçus par la superstructure du navire.

Les experts notent l’absence totale de furtivité bien que les principes en sont très simples surtout pour la furtivité physique concernant l’apparence du navire. Il suffisait aux techniciens de Mers-El-Kebir d’éviter au maximum les surfaces verticales perpendiculaires par rapport aux plans de la surface de la mer et du pont du navire pour permettre aux surfaces du navire d’être être légèrement inclinées et obliques en vue d’empêcher le retour des ondes électromagnétiques à l’envoyeur (radar ennemi). Les techniciens auraient pu également prévoir la possibilité de refroidissement des parties chaudes du navire par des procédés artificiels. Ils auraient pu en outre utiliser des peintures spéciales pour absorber les ondes électromagnétiques. La corvette lance- missiles Raïs Hassan Barbière n’a pas encore reçu son système d’armes mais tout indique que dans la tradition des corvettes de fabrication nationale de la classe Djebel Chenoua, elle sera dotée d’un système d’armes chinois, même si ce dernier ne semble pas du goût de tous les experts militaires qui auraient préféré un système d’armes européen à l’instar de celui qui a été incorporé aux frégates Meko A-200.

Quel que soit le choix du système d’armes choisi par le commandement des forces navales pour cette corvette de fabrication nationale, les experts déçus par l’architecture du navire en appellent à un sursaut au niveau de la Direction des fabrications militaires par la mobilisation de toutes les compétences nationales, y compris celles de la diaspora dans le cadre d’une dynamisation du partenariat public/privé et par l’encouragement de PME qui pourraient activer dans la sous-traitance auprès du Ministère de la défense nationale. Ces mêmes experts se demandent où en est le projet de modernisation du chantier naval de Mers-El-Kébir qui devait être confié aux Allemands. Si  la crise pétrolière pourrait contraindre le MDN à réviser à la baisse ses projets avec les chantiers navals allemands, les observateurs estiment que les responsables algériens devraient activer d’autres pistes moins onéreuses comme la piste chinoise si l’Algérie veut se doter d’une véritable plate-forme de construction navale.