Pourquoi les Forces navales algériennes ont préféré des patrouilleurs chinois

En juin dernier,  l’organisme de certification Lloyd’s Register annonçait que les chantiers navals de Hudong Zhonghua en Chine travaillaient sur un projet d’OPV (offshore patrol vessel) pour l’Algérie qui devrait être livré en 2022. Cette annonce est venue confirmer que l’Algérie a abandonné la piste russe du projet 22160 et lui a préféré une solution chinoise. Ce faisant, la marine algérienne a continué sur la même lancée puisque quelques années auparavant, elle a décidé d’acquérir 3 corvettes chinoises C28A de 2800 tonnes à la place des corvettes russes Tigre du projet 20380 de 2200 tonnes. En l’absence de communication officielle sur le sujet de la part de l’armée algérienne, les observateurs doivent se contenter de suppositions. Les partisans des corvettes et des patrouilleurs russes, en raison notamment de leur armement conséquent, ont été déçus et ont continuent d’espérer que la marine algérienne se dote des projets 20380 et 22160 russes à côté des corvettes et des OPV chinois, au moins dans un avenir proche quand il faudra remplacer les vieilles frégates Koni et les vieilles corvettes Nanunchka de l’ère soviétique.

Reste à savoir pourquoi la marine algérienne a préféré finalement un OPV chinois de 1500 tonnes plutôt que le projet russe 22160 qui semblait sur le papier plus intéressant ? Tout comme pour la corvette C28A , la marine algérienne s’est tournée vers les chantiers navals chinois pour avoir un OPV sur mesure qui réponde à ses propres attentes techniques et opérationnelles. En effet, l’OPV que la marine algérienne va recevoir s’inspire de la corvette 056 de type Pattani livrée à la Thailande en 2013 mais ce ne sera pas une simple copie de ce bâtiment puisqu’il va bénéficier de toutes les caractéristiques développées sur les corvettes C28A et C28M et sur tous les types 056 chinois.

En choisissant des corvettes et des patrouilleurs chinois, la marine algérienne a donc fait le choix de la flexibilité. Même si aucune information n’a filtré concernant les caractéristiques des futurs OPV de la marine algérienne, il est fort probable qu’ils soient dotés d’électronique européenne et peut-être de moteurs allemands comme les corvettes C28A sans parler de la similitude des systèmes d’armements chinois embarqués dans les deux bâtiments. Cette flexibilité est tout simplement impossible avec le fournisseur russe. Il faut ajouter à cela un autre facteur qui aura été déterminant dans le choix de la marine algérienne : l’ouverture du partenaire chinois pour le montage des OPV sur le chantier naval de Mers El Kébir, ce qui permettra à ce dernier de retrouver progressivement dans les prochaines années la vocation industrielle qu’il  avait commencé à acquérir dans les années 80 avant le recul enregistré à partir de la décennie 90.

A. Boussouf