Le général Touati aurait rejoint le camp de Ali Ghediri

Former Algerian defence minister Khaled Nezzar (R) speaks with retired Major General Mohamed Touati at the memorial to late Algerian president Mohamed Boudiaf in Algiers on June 29, 2012. After just six months as president Boudiaf was assasinated in Annaba, some 600 Kms from Algiers on June 29, 1992. AFP PHOTO/FAROUK BATICHE (Photo credit should read FAROUK BATICHE/AFP/Getty Images)

Le général à la retraite, Mohamed Touati, un des généraux les plus influents durant la décennie noire, aurait-il décidé de rejoindre le camp du candidat Ali Ghediri ? C’est ce que révèle ce dimanche le site Mondafrique, généralement bien informé sur ce qui se passe dans le sérail algérien. « Le général Ghediri est discrètement appuyé, ces derniers jours, par le général Touati, surnommé « le cerveau », qui fut sans doute au moment de la mise à l’écart du Président Chadli en 1992 puis de la lutte contre les maquis de l’AIS, bras armé du Front Islamique du Salut », le concepteur d’une répression sans états d’âme. D’origine kabyle comme beaucoup de cadres des services algériens, il passe pour avoir conceptualisé une politique d’éradication auprès des chefs de l’institution militaire, notamment le général Toufik, tout puissant chef du défunt DRS, qui regroupa longtemps les services algériens. Du moins jusqu’à ce que Bouteflika le pousse vers la sortie en 2015. »

Si cette information se confirmait vraiment, cela voudrait dire que les anciens clivages de la décennie noire risquent de refaire surface à l’occasion de la campagne présidentielle. En effet, le général Touati, qui fut le conseiller numéro un de l’ancien chef de l’armée algérienne, le général Khaled Nezzar, est connu pour être le chef de file des généraux dits « éradicateurs », opposés à tout compromis avec les islamistes. Derrière le slogan trompeur d’une Algérie « républicaine », ces généraux et leurs soutiens civils, qui se recrutaient essentiellement dans les rangs des communistes de l’ex-PAGS et des berbéristes, voulaient en fait imposer une république à la botte des minorités culturelles et idéologiques avec le soutien des cercles néocolonialistes français.

Pour rappel, les généraux dits « éradicateurs » n’ont pas accepté de gaieté de cœur l’arrivée du président Bouteflika au pouvoir en 1999. Le général Belkheir a réussi à les convaincre à l’époque d’accepter cette option comme étant la solution la moins mauvaise s’ils voulaient sauver leurs privilèges. Ils ont ainsi décidé de soutenir cette amère option pour mieux contrôler le nouveau pouvoir. Au fur et à mesure que Bouteflika consolidait son pouvoir et confirmait son option en faveur de la « réconciliation nationale » (2005), les « éradicateurs » ne pouvaient que se retourner contre lui même si le général Toufik a préféré, de son côté, continuer de jouer seul la carte de Bouteflika jusqu’à 2013, date à laquelle il a commencé à montrer des signes d’opposition discrète au quatrième mandat (2014) avant de se voir brusquement écarté en 2015. Cependant, même si elle se confirmait, l’information suivant laquelle le général Touati aurait rejoint le camp de Ali Ghediri ne devrait pas, selon les observateurs, peser bien lourd dans la bataille politique qui s’annonce tant que l’option du cinquième mandat semble avoir l’aval de l’Administration et de l’armée et qu’elle peut compter sur les machines électorales du FLN et du RND  et des organisations sociales qui leur sont proches.

Mohamed Merabet