Les étudiants rejoignent dans plusieurs villes le mouvement contre le cinquième mandat

©MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP - epa07392581 Algerian protesters chant slogans during a protest against the fifth term of Abdelaziz Bouteflika in Algiers, Algeria, 24 February 2019. Abdelaziz Bouteflika, serving as the president since 1999, has announced on 19 February he will be running for a fifth term in presidential elections scheduled for 18 April 2019. EPA-EFE/MOHAMED MESSARA

Le mouvement populaire contre le cinquième mandat est en train de gagner du terrain. Dans plusieurs villes universitaires, les étudiants sont sortis aujourd’hui mardi 26 février pour manifester leur opposition au cinquième mandat du président Bouteflika et pour le changement. Les étudiants sont sortis dans au moins une douzaine de wilayas : Alger, Blida, Boumerdes, Tizi Ouzou, Bouira,Béjaïa, Jijel, constantine, Annaba Skikda, Djelfa, Ouargla, Adrar. Les solgans sont souvent les mêmes : contre le cinquième mandat, pour un changement démocratique.

A noter que ces manifestations ont pu se dérouler sans aucun incident. Les étudiants insistent sur le caractère pacifique de leur mouvement. Il est important également de noter que les forces de l’ordre présentes sur les lieux sont arrivées à gérer ces mouvements sans tomber dans le travers de la répression, ce qui indique selon les observateurs que le pouvoir algérien est conscient des risques de dérapage et qu’il a du donner des consignes fermes aux forces de l’ordre pour qu’elles fassent preuve de retenue face aux manifestantrs qui cherchent à les provoquer.

Parralèlement à ces manifestations estudiantines, dans la capitale, des universitaires ont renud public un communiqué dans lequel ils expriment leur soutien au mouvement populaire contre le cinquième mandat et affirment leur volonté de l’accompagner. Ces universitaires avouent que l’université algérienne n’a pas joué son rôle d’avant-garde pour un changement démocratique mais promettent de faire tout leur possible pour être aux côtés des jeunes qui sont descendus dans la rue pour crier leur soif de changement. Notons également l’entrée en scène des avocats qui ont manifesté hier à Alger contre le cinquième mandat. Pour les observateurs, l’entrée en scène des étudiants, des universitaires et des avocats va sans doute donner au mouvement une autre épaisseur. Mais plus le mouvement va se diversifier, plus il risque de connaître des contradictions. Les jeunes qui aspirent à un changement qui assure leurs droits sociaux et démocratiques seront appelés à rester vigilants pour que leur mouvement ne soit pas récupéré par des associations et des organisations au service de groupements soucieux avant tout de défendre leurs privilèges.

Mustapha Senhadji