Les jeunes de Ouargla manifestent contre la marginalisation de leur wilaya

Les jeunes de Ouargla sont sortis ce samedi pour crier leur révolte contre la marginalisation et la discrimination dont souffre leur wilaya. Les manifestants ont réclamé notamment la fin de la corruption et de l’injustice ainsi que le départ du wali et du PDG de Sonatrach qu’ils accusent ouvertement de clientélisme et de régionalisme. Cette marche pour le développement durable, qui survient à peine une semaine après la manifestation organisée par les citoyens de la wilaya suite au décès d’une universitaire qui aurait pu être sauvée s’il y  avait des services de santé dignes de ce nom dans la wilaya, a malheureusement connu des dépassements regrettables. Pourtant la marche des jeunes de Ouargla était pacifique comme en témoigne le fait qu’aucun incident n’a été signalé contre les magasins et les édifices publics situés sur le parcours des manifestants.

Les affrontements avec les forces de l’ordre ont commencé quand des jeunes manifestants ont voulu marcher en direction du siège de la wilaya mais ont été empêchés par les policiers. La responsabilité de ce dépassement déplorable incombe essentiellement au wali et aux responsables de la sûreté de wilaya. Les marches pacifiques sont autorisées partout sur tout le territoire national à l’exception de la capitale. Les observateurs ne comprennent pas pourquoi dans ces conditions le wali a interdit la marche pacifique des jeunes de Ouargla. Des jeunes militants ont vu dans cette interdiction une provocation gratuite de nature à pousser le mouvement social à une confrontation avec les forces de l’ordre qu’il a toujours refusée. Suite à ces affrontements qui ont fait des blessés des deux côtés, on nous signale de nombreuses arrestations dans les rangs des manifestants.

Les militants associatifs qui ont exprimé leur détermination à continuer leur mobilisation pour leurs droits légitimes ont tenu à rappeler que la répression et l’intimidation ne les arrêteront pas. Le mouvement social des jeunes de Ouargla ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, ces jeunes réclament leur droit à l’emploi notamment dans le secteur pétrolier qui représente la principale activité économique de leur wilaya mais qui reste fermé aux enfants de la wilaya pour cause de clanisme et de régionalisme. Les observateurs notent que le pouvoir algérien se trompe lourdement s’il croit en finir avec ce mouvement de protestation sociale par les promesses habituelles et la répression. En plus de leurs revendications sociales habituelles, les manifestants vont désormais se mobiliser pour la libération immédiate de leurs camarades emprisonnés.