Vive tension à Alger après le maintien de la candidature de Bouteflika

©MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP - epa07392581 Algerian protesters chant slogans during a protest against the fifth term of Abdelaziz Bouteflika in Algiers, Algeria, 24 February 2019. Abdelaziz Bouteflika, serving as the president since 1999, has announced on 19 February he will be running for a fifth term in presidential elections scheduled for 18 April 2019. EPA-EFE/MOHAMED MESSARA

La nuit de dimanche à Alger a connu une grave montée de la tension suite à l’annonce du maintien de la candidature du président Bouteflika. Des étudiants qui avaient manifesté durant la journée contre le cinquième mandat ont continué leur mobilisation et ont essayé en début de soirée de marcher vers le Conseil constitutionnel pour empêcher le dépôt de dossier de candidature du président Bouteflika. Les forces de l’ordre les en empêchés sans user de violence. Heureusement que les choses n’ont pas dégénéré.

L’apparition de camions transportant des soldats de l’ANP à l’entrée de Bab Hassen, une des principales entrées de la capitale n’a pas manqué d’ajouter à l’inquiétude des citoyens et a ravivé de mauvais souvenirs. Le commandement de l’armée a sans doute voulu prévenir tout dérapage à la suite de l’annonce du maintien de la candidature du président Bouteflika. Sur les réseaux sociaux, les Algériens sont partagés. Pour certains, cette apparition de l’armée augure mal de la suite des évènements et montre clairement que l’arme est décidée à imposer le scénario du maintien de la candidature du président Bouteflika. Pour d’autres, la présence de l’armée est juste préventive et cherche plutôt à rassurer les citoyens qui pourraient s’inquiéter de la tournure des évènements en montrant qu’elle ne restera pas passive en cas de dépassement susceptible de mettre en cause la paix civile en Algérie.

Les observateurs estiment qu’il était prévisible que l’annonce du dépôt de candidature du président Bouteflika devant le Conseil constitutionnel allait déclencher une réaction forte de la part des jeunes contestataires. Cependant, les observateurs ne comprennent pas le recours de quelques centaines d’étudiants à des voies de fait quand ils ont essayé de marcher vers le Conseil constitutionnel en vue d’empêcher le dépôt du dossier de candidature du président Bouteflika. Si dans la journée de dimanche, on a enregistré des manifestations d’étudiants contre le cinquième mandat un peu partout, à Oran, Tlemcen, Constantine, Annaba Skikda, etc. en revanche aucune réaction qui ressemble à celle des étudiants d’Alger après l’annonce du dépôt de candidature du président Bouteflika n’a été signalée dans les wilayas de l’intérieur du pays.

S. Nasri