De lourdes peines de prison prononcées à l’encontre d’anciens ministres et responsables

Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed (Alger), a condamné jeudi, l’ancien ministre Chakib Khelil, à une peine de 20 ans de prison ferme, avec confirmation du mandat d’arrêt international émis à son encontre, étant poursuivi pour plusieurs accusations en lien avec la corruption.

Dans la même affaire, plusieurs anciens ministres et responsables, dont Amar Ghoul, Noureddine Bouterfa, Mohamed Bedjaoui et Abdelmoumen Ould Kaddour, ont été condamnés à des peines allant entre 5 et 10 ans de prison ferme, après avoir été poursuivis pour des chefs d’inculpation relatifs à la corruption, dont « dilapidation de deniers publics lors de la conclusion de marchés avec des entreprises étrangères », tandis que d’autres accusés ont été acquittés. La confiscation des fonds et des biens saisis dans cette affaire a été également prononcée, avec la levée de saisie sur les biens des accusés acquittés.

Ces lourdes peines prononcées par le tribunal d’Alger à l’encontre d’anciens ministres et responsables s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la corruption dont le président Tebboune a fait un de ses principaux axes de travail depuis son élection à la tête de l’Etat, il y a trois ans. L’opinion publique algérienne accueille généralement avec satisfaction ces poursuites judiciaires et ces condamnations. Cependant, des observateurs ne manquent pas de signaler les irrégularités qui entachent ces procès. Il en va ainsi de l’amalgame qui apparaît au travers des interrogatoires des accusés par le procureur de la république et le président du tribunal entre les délits et les crimes prévus par la loi et les fautes de gestion.

En effet, si pour certains accusés, les preuves de l’enrichissement personnel et illicite plaident clairement en leur défaveur comme ce fut le cas pour Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal et autres anciens ministres et Pdg de Sonatrach, pour d’autres comme c’est le cas de l’ancien ministre des travaux publics Amar Ghoul, seules les pertes que leur gestion des marchés publics aurait occasionné à l’économie nationale ont été retenues par le procureur de la république et les juges. Pour de nombreux observateurs qui ont suivi de près les péripéties judiciaires de la lutte contre la corruption, l’exigence d’une justice équitable a été sacrifiée sur l’autel du populisme sans parler des autres griefs adressées à la justice algérienne : manque d’indépendance, incompétence des magistrats, etc. Un avocat interrogé à ce sujet a plaidé pour que les juges de la Cour suprême scrutent de plus près les demandes qui seront introduites suite aux procès qui ont eu lieu récemment dans le cadre de la lutte contre la corruption et ce, pour préserver la crédibilité de la Justice algérienne et les droits des citoyens.

S. Nasri

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