Bientôt des patrouilleurs russes pour la marine algérienne ?

Nous avons rapporté dans une précédente édition l’information qui a circulé sur plusieurs sites spécialisés au sujet de la probable commande par la marine algérienne de 3 corvettes russes du projet 20380 Tigre. En rapportant cette information, nous avons émis quelques doutes sur la pertinence d’un tel achat sachant que la marine algérienne a déjà commandé 3 corvettes lourdes chinoises C28A. Nous nous sommes également fait l’écho des remarques pertinentes de certains experts militaires qui estiment que la levée de l’option pour 2 frégates Meko A200 et 1 BDSL supplémentaires ainsi que l’acquisition de corvettes russes (en sus des corvettes chinoises) était superflu surtout dans les conditions de restriction budgétaire actuelles. Les mêmes experts notaient la nécessité pour la marine algérienne de se doter de patrouilleurs plus légers mais bien armés pour défendre notre zone économique exclusive (ZEE).

Une information rapportée par un site russe a révélé que 6 OPV du projet 22160 sont en cours de construction pour la marine russe. Mais un détail a attiré notre attention. Les patrouilleurs en question ont vu leur capacité passer de 1300 à 1600 tonnes soit l’ajout de 300 tonnes par rapport à leur version originale, ce qui correspond à la différence donnée par le site qui avait auparavant annoncé la commande de corvettes Tigre par l’Algérie. C’est peut-être ce détail qui a trompé la source qui a cru que l’Algérie a commandé des corvettes Tigre. La commande de 3 à 6 OPV du projet 22160 de 1600 tonnes paraît plus logique et plus probable. Ces patrouilleurs plus légers et beaucoup moins chers (2 fois moins chers que les corvettes Tigre) peuvent être armés de toute la panoplie de systèmes de missiles russes. Autre détail qui milite en faveur de l’acquisition de ces OPV russes par la marine algérienne, ces patrouilleurs sont conçus pour recevoir les lanceurs verticaux Shitl-1 qui intéresseraient l’armée algérienne selon une source russe.

Pour rappel, le bureau d’études russe Severnoye propose depuis 2012 une version militaire export du projet 22160. Déplaçant 1 600 tonnes, cet OPV a été commandé par les gardes-frontières russes, pour surveiller la zone économique exclusive. Avec 94 mètres de long et 14 mètres de large pour un tirant d’eau de 3,4 m, cette variante militaire peut-être armée de missiles antinavires Alfa/Club ou antiaériens Shtil-1 (SA-N-7) en silos verticaux et d’un canon de 57 mm. La désignation d’objectif est assurée par des radars Pozitiv-ME1 ou Fregat-MAE-4K (Top Plate). L’autodéfense repose sur les huit missiles antiaériens Igla, les contre-mesures électroniques TK-25E, les lance-leurres PK-10, deux lance-grenades anti-plongeurs et deux mitrailleuses de 14,5 mm. Le hangar peut abriter un hélicoptère Kamov Ka-28 (Helix) de 12 tonnes. Quatre diesels rapides de 300 kW chacun assurent une vitesse de 30 nœuds. Ils sont complétés par un diesel de secours de 100 kW. Deux embarcations rapides type go-fast se trouvent sous la plate-forme hélicoptères et peuvent être mises à l’eau par deux panneaux sur le tableau arrière