Zeghmati gagne son bras de fer avec le syndicat des magistrats

Le Syndicat national des magistrats (SNM) a annoncé sa décision de suspendre la grève et de reprendre le travail à compter de ce mardi soir.
Le président du SNM Issaâd Mabrouk a précisé que la décision de suspension de la grève qui a duré plusieurs jours intervient « après des médiations de bonnes volontés », ajoutant que les magistrats « ont répondu favorablement au dialogue à la lumière des circonstances que traverse le pays ». « Après examen des revendications du SNM, en présence du Secrétaire général du ministère de la Justice, il a été parvenu à un accord de principe portant principalement sur l’ouverture d’ateliers pour l’examen de l’ensemble des textes relatifs à l’indépendance de la Justice, et ce avec l’implication de tous les acteurs du secteur et toutes les compétences nationales en vue de préparer les textes juridiques régissant le travail et le fonctionnement du système judiciaire », a-t-il précisé.

Concernant les magistrats « lésés » par le dernier mouvement opéré dans le corps, M. Mabrouk a expliqué « qu’ils doivent introduire des recours auprès du bureau permanant du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), qui se réunira le 17 novembre et statuera conformément à ses prérogatives dans ces recours cas par cas », soulignant que les décisions finales prononcées par le CSM seront « contraignantes à l’égard de toutes les parties ». Selon l’accord de principe, cette catégorie doit s’engager de « recevoir les notifications pour rejoindre leurs affectations et des procès verbaux d’installation seront dressés dans ce sens », affirmant que le CSM statuera sur les recours conformément aux prérogatives qui lui sont accordées par la loi. Pour ce qui est des magistrats ayant accepté le mouvement, M. Mabrouk a fait savoir qu’ils sont appelés à rejoindre leurs postes et s’acquitter de leurs missions. Il a appelé également les magistrats non concernés par le mouvement ayant été solidaires avec leurs collègues grévistes à reprendre leurs fonctions de manière normale.

Pour rappel, quelques jours auparavant, le syndicat national des magistrats avait annoncé sa décision de rompre tout dialogue avec les autorités tant que le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, serait toujours à son poste, ce qui a été interprété comme une déclaration de guerre du syndicat contre le ministre. Mais au vu du dénouement de la grève, force est de constater que le ministre de la Justice a réussi à gagner son bras de fer avec le syndicat. Le ministre serait soutenu par le commandement de l’armée dans son action visant à lutter contre la corruption qui ronge les institutions de l’Etat. Pour de nombreux observateurs, le mouvement de grève des magistrats, s’il s’explique partiellement par des motifs à caractère professionnel, ne s’inscrit pas moins dans le cadre des manœuvres visant à saboter le processus électoral en cours. C’est un secret de polichinelle qu’une grande partie des magistrats qui activent dans ce syndicat ont été nommés à leurs postes à l’instigation de l’ancien chef du DRS dissous, le général Toufik actuellement en prison.

Mustapha Senhadji