Abdelaziz Rahabi épingle l’opportunisme de la diplomatie transactionnelle de Macron
12.05.2026. Dans un commentaire incisif et pertinent, l’ancien diplomate et ancien ministre de la communication, Abdelaziz Rahabi, est revenu sur le voyage de la ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Mme Alice Rufo, en Algérie, voyage au cours duquel elle a été reçue par le Président de la république et par le Ministre délégué auprès du Ministre de la défense nationale. Ce voyage a été notamment marqué par la participation de la ministre déléguée française à la commémoration des massacres du 8 mai 1945 à Sétif. Une participation présentée par certains médias algérois comme un haut fait diplomatique alors que la France officielle continue de refuser de reconnaître les crimes commis en Algérie dans le cadre de son aventure coloniale sans parler des actes hostiles contre les intérêts stratégiques de l’Algérie. En posant un regard critique sur l’opportunisme diplomatique du Président Macron, Abdelaziz Rahabi a eu le mérite de remettre la question des relations algéro-françaises dans son véritable cadre diplomatique loin des discours de l’autosatisfaction stupide servis par une presse aux ordres.
Est-il possible de célébrer nos morts et nos disparus dans le recueillement et les prières sans avoir à l’inscrire dans un agenda diplomatique ? Les cérémonies liées à la commémoration ds massacres du 8 mai au 26 juin 1945 n’ont pas été épargnées, encore une fois, par un opportunisme diplomatique que l Président Macron s’évertue à élever au rang d’acte fondateur de la reprise des relations algéro-françaises.
Le communiqué de l’Elysée s’insère dans une sorte de diplomatie transactionnelle en vogue, mêlant des mémoires antagoniques, celle des victimes et celle de leur bourreau, celle des moudjahidines à celle des harkis et même des questions consulaires opportunes. Cela servira, encore une fois, à alimenter et à orienter le débat interne dans la perspective toute prochaine des présidentielles en France, plus qu’à l’amélioration attendue dans les relations bilatérales.
Macron, président sortant, a usé à l’extrême de l’ambivalence du jeu de balancier entre le discours sur la normalisation des relations avec l’Algérie et les gestes en direction des harkis et les nostalgiques de l’Algérie française ainsi que des prises de positions des plus hostiles à nos intérêts diplomatiques. Mettre chaque fois une hypothèque sur la question de la mémoire sans mesurer à quel point cette question incarne l’identité des Algériens et garantit la continuité historique de l’Algérie est la voie la plus courte pour rendre cycliques les crises entre les deux pays.
Abdelaziz Rahabi
Alger, le 11 mai 2026