L’envoyé spécial de l’Onu : « aucun projet d’autonomie ne peut être imposé au peuple sahraoui »
12.10.2026. Dans son briefing devant le Conseil de sécurité, l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a affirmé qu’aucun projet d’autonomie ne peut être imposé d’autorité au peuple sahraoui, et qu’un accord définitif nécessitera des négociations supplémentaires, des garanties internationales rigoureuses et l’exercice effectif du droit à l’autodétermination.
La question du Sahara occidental se trouve aujourd’hui à un tournant politique majeur alors que le processus de décolonisation se heurte à de profonds blocages structurels. Lors de son récent briefing devant les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a officiellement reconnu que les négociations menées sous l’égide de l’ONU ont atteint une impasse, ont rapporté hier plusieurs médias internationaux.
Ce constat lucide reflète la persistance des différends fondamentaux qui entravent la conclusion d’un règlement juste et durable à un conflit dont la nature intrinsèque reste celle d’un processus de décolonisation non abouti et de l’exercice inaliénable du droit à l’autodétermination. M. De Mistura a précisé que les trois sessions de négociations intenses organisées durant les premiers mois de l’année, réparties entre Washington et Madrid, n’ont pas permis de surmonter les divergences profondes entre les parties, en dépit de certains progrès enregistrés sur le plan des discussions. Le diplomate onusien a ainsi dressé un bilan sans détour en déclarant que « les négociations se sont heurtées à un mur difficile à franchir sans une action du Conseil de sécurité ».
Cette déclaration revêt une portée diplomatique considérable en confirmant expressément que « les efforts diplomatiques n’ont pas abouti à un accord » et que « l’avenir du Sahara occidental reste tributaire du traitement du cœur du conflit, en premier lieu le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir, loin de toute solution imposée au préalable ». L’admission explicite par l’émissaire des Nations unies de cette réalité démontre que l’avenir du territoire ne saurait être tranché artificiellement par la simple présentation d’un document unilatéral ou par le rassemblement d’appuis diplomatiques en faveur d’une formule politique donnée. L’un des éléments les plus déterminants du compte rendu de M. De Mistura réside dans son affirmation catégorique selon laquelle « l’autonomie », quelle que soit la variante ou la formule proposée, « ne pourra jamais être simplement imposée au peuple du Sahara occidental. Pour rappel, les déclarations de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental ont été mal accueillies par les médias marocains qui n’ont pas à lancer une campane de dénigrement contre le diplomate onusien. (Algérie solidaire)