L’Italie parie sur l’Algérie et l’Egypte pour la stabilité régionale et la sécurité énergétique

23.01.2023. L’Algérie et l’Egypte sont au centre des préoccupations énergétiques et géopilitiques des dirigeants italiens. Pour renforcer son approvisionnement en énergie et faire de l’Italie la capitale énergétique de l’Europe, la Première ministre italienne Giorgia Meloni s’est rendue en Algérie, tandis que son vice-premier ministre Antonio Tajani s’est envolé pour le Caire.

Mme Meloni est arrivée dimanche (22 janvier) à Alger pour sa première visite bilatérale à l’étranger, qui coïncide avec le 20e anniversaire du traité d’amitié entre l’Italie et l’Algérie, signé le 27 janvier 2003. Au lendemain de la guerre en Ukraine, l’Algérie est devenue le premier fournisseur de gaz naturel de l’Italie. La visite de deux jours a été l’occasion de s’entretenir avec les dirigeants algériens sur plusieurs projets en cours concernant l’énergie, l’industrie, l’innovation, les start-ups et les micro-entreprises. L’énergie a été toutefois au centre des réunions, car l’objectif est de faire progresser le « plan Mattei », qui prévoit la transformation de l’Italie, et en particulier du sud, en une plaque tournante de l’énergie au cœur de la Méditerranée pour toute l’Europe. Mme Meloni a rencontré à cette occasion le Premier ministre algérien Aimen Benabderrahmane, le ministre algérien de l’Énergie et des Mines Mohamed Arkab et le Président de la République algérienne Abdelmadjid Tebboune. La délégation italienne est composée également du président de la Confindustria, Carlo Bonomi, et du PDG d’ENI (Bureau national des hydrocarbures), Claudio Descalzi.

Au même moment, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani (Forza Italia/ PPE) se trouve en Égypte dans le cadre d’une tournée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient visant à promouvoir la stabilisation de la Libye. Ce pays, riche en pétrole et en gaz, est également le principal point de transit des migrants entrant illégalement en Italie. Le Caire est la troisième et dernière étape de cette tournée, après Tunis et Istanbul. M. Tajani a déclaré que l’Italie aspire à jouer un rôle de premier plan dans la médiation entre les parties libyennes afin de faciliter la tenue d’élections régulières et donc la stabilisation du pays. Il a également souligné l’importance du rôle de l’Égypte « pour la stabilité de toute la région ». Le ministre a été reçu par le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi et doit s’entretenir avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry. Les principaux thèmes abordés ont été la sécurité énergétique, la coopération économique et la stabilité en Méditerranée, notamment en Libye, afin de lutter également contre l’immigration clandestine.

Pour rappel, Mme Meloni ne cache pas son ambition de faire de l’Italie, en particulier du sud, un « hub énergétique de l’Europe » dans la continuité du programme prévu par son prédécesseur Mario Draghi. Pour cela, elle entend investir dans des « solutions structurelles » afin d’atteindre une indépendance énergétique totale. « Avec un peu d’intelligence et des ressources bien dépensées, nous pourrions faire du Sud la plaque tournante de l’approvisionnement énergétique de l’Europe », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que des projets de gazoducs « et ensuite des énergies renouvelables » étaient sur la table. A partir de cette année (2023) les autorités italiennes projettent de produire entre 7000 et 8000 mégawatts d’énergie propre par an, avait déclaré le 29 novembre dernier Gianni Silvestrini, directeur scientifique du Kyoto Club.

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