Sahara occidental : Le Washington Institute plaide pour un « dialogue constructif » avec l’Algérie
18.03.2026. Dans une contribution publiée sur le site du Washington Institute For Near East Policy, les chercheurs Souhire Medini et Sabina Henneberg estiment que les tensions persistantes entre Alger et Rabat obligent Washington à faire preuve de prudence dans ses efforts renouvelés pour résoudre le différend. Cette lecture biaisée, émanant de deux chercheurs qui ne cachent pas leur soutien aux thèses marocaines, occulte la véritable nature de la question sahraouie qui demeure une question de décolonisation.
Cependant, l’intérêt de cette contribution est qu’elle reconnaît malgré tout l’importance de la position de l’Algérie dans la résolution diplomatique du conflit. Bien qu’elle soit une partie concernée et non directement impliquée comme l’illustre son statut d’observateur, au même titre que la Mauritanie, lors des pourparlers de Madrid, l’Algérie continue de considérer la question sahraouie comme une question relevant de sa sécurité nationale dans la mesure où l’expansionnisme marocain au Sahara occidental risque de s’étendre à plusieurs pays de la région, y compris l’Algérie.
Les chercheurs commencent par dire qu’ « en amenant l’Algérie à la table des négociations, les États-Unis ont déjà accompli un véritable tour de force, car la tâche était loin d’être aisée » en oubliant que l’Algérie a toujours été présente lors des négociations précédentes en tant qu’Etat observateur. Ils reconnaissent par ailleurs qu’ » Il serait toutefois erroné de réduire le règlement du conflit à la seule capacité des États-Unis à faire pression sur l’Algérie pour qu’elle modifie sa position » avant d’jouter que » l’insistance de Washington à inclure Alger dans les pourparlers de Madrid était pleinement justifiée par la dépendance croissante du Front Polisario à l’égard de l’Algérie. »
Malgré cette insistance sur le soutien de l’Algérie au Front Polisario, les chercheurs reconnaissent : » Cependant, il serait erroné de considérer le Polisario comme un simple instrument d’Alger. Le Front Polisario a été créé en 1973 en Mauritanie voisine ; l’Algérie a rapidement assumé un rôle de soutien majeur au mouvement. L’élite politique du pays a toujours perçu le conflit du Sahara occidental à travers le prisme de sa propre histoire. Alger ne considère pas soutenir une « organisation islamique radicale » ou des « terroristes communistes », mais plutôt un principe postcolonial d’autodétermination. Elle a maintenu sa position depuis lors ».
Les chercheurs qui ne cachent pas leur soutien aux thèses marocaines avancent l’idée suivant laquelle « une solution pour sortir de l’impasse pourrait consister à définir un mécanisme de consultation de la population sahraouie, y compris les réfugiés de Tindouf – même sans référendum – afin de faire évoluer la position algérienne sur le plan d’autonomie marocain ». Ils n’hésitent pas à proposer une lecture unilatérale et biaisée d’une déclaration de l’ambassadeur algérien à Washington, Sabri Boukadoum, qui n’a fait récemment que répéter la position constante de l’Algérie qui consiste à dire que « toute solution devait résulter de la décision des personnes concernées, c’est-à-dire des Sahraouis »
Les chercheurs concluent en soutenant que » toute solution ou feuille de route devrait tenir compte du sentiment d’inviolabilité des frontières algériennes, tel que perçu par l’élite de l’Algérie. Tout accord, même fondé sur un cadre d’autonomie, devrait inclure des garanties assurant la sécurité des frontières postcoloniales de l’Algérie ». comme si l’Algérie devait accepter un chantage aussi abject qui consiste à abandonner le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui en échange de la reconnaissance de ses frontières par le Maroc !
Lire l’article dans son intégralité en langue française sur le site de l’Institut Frantz Fanon.
http://institutfrantzfanon.org/