Le non-renouvellement du mandat de la MINURSO crée une situation dangereuse
31.10.2026. La réunion du Conseil de sécurité dans la soirée de vendredi 30 octobre a donné lieu à une situation inédite. Si les Sahraouis ont salué le veto russe contre le projet de résolution américain qui enterrait purement et simplement le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, le fait que les USA aient à leur tour opposé un veto au projet de résolution russe a de fait empêché le renouvellement du mandat de la MINURSO créant ainsi une situation géopolitique dangereuse qui peut dégénérer à tout moment.
Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas renouvelé le mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental), entraînant la fin effective de la mission. Cette rupture historique découle d’une impasse géopolitique où les États-Unis soutenaient un texte axant le règlement uniquement sur le plan d’autonomie marocain, tandis que la Russie a opposé son veto pour maintenir le cadre référendaire initial.
Alors que le Maroc s’est officiellement réjoui du non-renouvellement du mandat de la MINURSO estimant que le dossier est désormais clos, les observateurs internationaux notent que la fin de cette présence onusienne présente des risques de rupture sécuritaire et militaire grave dans la région. En effet, la MINURSO avait pour rôle clé le déploiement d’observateurs militaires pour surveiller le cessez-le-feu. Son retrait brusque élimine le principal mécanisme d’interposition et de désescalade entre les forces marocaines et les combattants du Front Polisario. Le risque d’une reprise potentielle des hostilités de haute intensité entre les protagonistes est bien réel.
Le non-renouvellement du mandat de la Minurso risque de déboucher sur la suspension complète du processus politique onusien : N’ayant plus de mission active à proroger, le dossier du Sahara occidental se verrait de fait suspendu des agendas réguliers du Conseil de sécurité et même des autres instances onusiennes comme la partie marocaine n’a jamais cessé de le réclamer. Les rapports périodiques du Secrétaire général et l’action de son Envoyé personnel n’ont plus de cadre d’application avec comme conséquence immédiate la précarisation de la situation des réfugiés sahraouis installés dans les camps près de Tindouf (Algérie solidaire)