Les revers de la junte malienne confortent-ils le rôle de l’Algérie dans la sous-région du Sahel ?

28.06.2026. Les revers subis ces derniers jours par la junte malienne qui se sont soldés par la chute de Kidal et Gao au nord-est du Mali et l’encerclement de la capitale Bamako par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (JNIM) dirigé par Ayad Agh Ghali et affilié à al Qaida, alliés à l’occasion aux séparatistes Touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), risquent d’enfoncer le Mali dans une crise grave avec des répercussions sécuritaires dans l’ensemble de la sous-région du Sahel. Les observateurs internationaux ne voient pas d’autre acteur régional que l’Algérie pour faire face à cette dérive dangereuse.

La junte malienne qui avait pris la loure responsabilité de rompre les Accords d’Alger qui ont permis en 2015 d’éteindre le brasier au Mali en croyant à tort qu’elle pourrait régler la crise sécuritaire par le recours aux mercenaires russes du groupe « Wagner », rebaptisé « Africa Corps » et au soutien émirati et qui a été grisée par la victoire sur les rebelles du nord qui avaient été chassés de Kidal en novembre 2023, est en train de déchanter aujourd’hui. Désormais, le drapeau des indépendantistes de l’Azawad flotte au sommet du fort de Kidal. Quelques 400 mercenaires russes se sont retirés de la ville sous escorte le dimanche 26 avril.

Les jihadistes du JNIM, alliés à l’occasion aux séparatistes du FLA, ne se sont pas contentés de ce haut fait d’armes. Ils ont poussé plus loin leur avantage en s’attaquant au bastion du régime, la ville garnison de Kati, située à 15 kilomètres de la capitale Bamako et ont réussi à éliminer plusieurs chefs de l’armée malienne dont le ministre de la défense, Sadio Camara. Quatre jours après les attaques coordonnées lancées samedi 25 avril contre la junte malienne, les rebelles indépendantistes du Nord et les combattants du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) ont annoncé le siège de la capitale malienne, Bamako.

« Le bouleversement politico-militaire en cours au Mali est aussi un tournant dans la géopolitique régionale. Les percées territoriales réalisées le samedi 25 avril par les groupes insurgés djihadistes et indépendantistes du Nord malien face à une armée de Bamako désormais sur la défensive reconfigurent en effet les lignes de force dans la zone sahélo-saharienne en remettant en selle un pays : l’Algérie. » peut-on lire dans le quotidien français Le Monde. Après avoir rappelé que la séquence de 2023 qui a vu la junte malienne rompre les Accords d’Alger de 2015 et tenter de discréditer l’Algérie qu’elle n’hésite pas à accuser de soutenir le terrorisme dans la région, le quotidien français estime que cette séquence est désormais close et que  » les événements récents réinstallent le grand voisin du Nord dans le statut de médiateur qui avait été historiquement le sien. » (Algérie solidaire)

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